Charles Michel: "À Zaventem, à Maelbeek, c'est la liberté qui a été massacrée"

Attentats à Bruxelles: l'hommage politique en direct sur la Place de la Nation
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Attentats à Bruxelles: l'hommage politique en direct sur la Place de la Nation - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Le monde politique belge, gouvernements et parlementaires de tout niveau, a rendu hommage aux victimes des attentats du 22 mars à Zaventem et dans la station de métro de Maelbeek ce jeudi à 14 heures place de la Nation. 

Cet hommage se déroulait dans un contexte politique compliqué après les propositions de démission des ministres de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et de la Justice Koen Geens (CD&V). Des propositions refusées par le Premier ministre Charles Michel. 

Des discours d'hommage et de fermeté

Charles Michel, le Premier ministre a pris la parole en premier et rendu hommage au victimes : "Notre pays est en état de choc, mais nous sommes forts, et nous sommes convaincus: nous vivons dans une démocratie que personne ne pourra détruire. (...) Nos pensées sont pour les victimes. Nous pensons aux familles déchirées, ceux qui ont perdu leur compagnon, leur compagne, un membre de leur famille. (...) Nous pensons aussi à ceux qui ont été blessés et qui garderont des séquelles indélébiles dans leur corps ou dans leur cœur mais aussi aux familles qui attendent dans l’angoisse des nouvelles de leurs proches".

Charles Michel a poursuivi: "Le hall de l'aéroport, nous sommes très nombreux à y avoir des souvenirs. Le métro bruxellois, c’est la vie de notre capitale, certains y passent pour se rendre à l'école, y lire un livre, bavarder avec un collègue. (...) A Zaventem, à Maelbeek, c’est la liberté au quotidien qui a été massacrée, cette liberté sur laquelle le projet européen est bâti". "Les cris de détresse, de douleur, ces images apocalyptiques resteront à jamais en nous comme à Bamako, Paris, Ankara ou au musée juif de Bruxelles. (...) Nous voulons saluer la dignité du peuple belge".

Après l'hommage aux victimes, aux Belges, Charles Michel a tenu néanmoins à rappeler sa détermination: "L’enquête est en cours. Il ne peut pas être question d’impunité. Toute personne liée directement ou indirectement à ces attentats sera punie. Le gouvernement avec les autorités compétentes veut faire toute la clarté tant sur ces attaques que sur l’ensemble des événements. Il ne pourra pas y avoir de zones d’ombres. La démocratie, la liberté, l’Etat de droit, la tolérance sont plus que jamais nos guides".

"Malgré les différences, beaucoup de choses nous unissent"

Le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) a ensuite pris la parole: "Alors que les souvenirs des attentats sont toujours dans nos mémoires, le terrorisme est devenu une tangible réalité. Personne n’y avait pensé, personne n’aurait pu l’anticiper. Les images de ces personnes désemparées à Zaventem et à Maelbeek, nous ne pourrons pas les oublier. (...) Le seul crime des victimes est de vivre dans un pays libre. (...) Nous avons tous ressenti cette tristesse et ce sentiment d’injustice face à ce drame".

Le président du Parlement a également remercié les très nombreux personnes des services de secours, de la police mais également les citoyens pour leur aide: "Je rends hommage aux nombreux citoyens qui ont spontanément proposé leur aide".

Siegfried Bracke a tenu à mettre en avant l'union du pays face au drame: "Oui il y a des problèmes gigantesques mais ils peuvent être résolus dans un pays démocratique. Nous devons dire sans ambiguïté que malgré les différences, beaucoup de choses nous unissent. (...) Après le temps du deuil, viendra le temps de l’action. Je suis convaincu que nous pourrons vaincre à termes les forces du terrorismes. Nous devons faire des réformes pour lutter contre le terrorisme. Nous devons examiner le plus rapidement possible les textes déposés au lendemain des attentats de Paris. (...) La Société n’est pas idéale mais il y a beaucoup de belles choses, l’accueil, l’intégration en font partie".

"Réaffirmer une valeur, la première de toute: l’Universalité"

La président du Sénat Christine Defraigne (MR) a conclu les discours en rappelant qu'il y a quatre mois à peine, les autorités rendaient déjà hommage sur cette même Place de la Nation: "Le 16 novembre 2015, nous nous étions déjà réunis sur cette même place pour témoigner notre soutien au Peuple français. Qui aurait pu imaginer ce qui allait arriver? (...) Je m’adresse aux familles des victimes pour leur témoigner de notre soutien. Je tiens aussi à remercier à tous ceux qui ont apporté leur aide, tous les services impliqués".

Christine Defraigne a insister sur l'importance de réagir sagement, démocratiquement: "Nous devons nous interroger. Comment réagir ? Comment rebondir ? Nous devrons faire preuve de sagesse pour ne pas tomber dans le piège des terroristes. Nous ne devons pas céder à la haine, au sentiment de vengeance. Nous devons faire preuve d’empathie pour lutter contre haine, nous devons renforcer notre cohésion. Il nous faudra réaffirmer une valeur, la première de toute : l’Universalité. L’humanité est une. Diverse, mais une". "Notre démocratie vaincra si elle est solide et forte. Elle ne pourra l’être que si nous sommes déterminés à la préserver. (...) Faire preuve de fermeté, c’est rappeler que la tolérance, ce n’est pas tolérer l’intolérable. (...) Ces attentats voulaient miner nos valeurs. Nous n’allons pas céder et négliger nos valeurs fondamentales".

Gerbes de fleurs et recueillement

Le roi Philippe a déposé la première gerbe de fleurs suivi de celles du gouvernement fédéral, des gouvernements flamand, bruxellois, wallon, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des différents Parlements.

Une minute de silence nationale a eu lieu à 14h30 à la demande de Christine Defraigne et Siegfried Bracke.

L'Hymne à la Joie, l'hymne de l'Union européenne et finalement la Brabançonne ont retenti dans l'enceinte.

Cette cérémonie est le deuxième temps fort des hommages en ce dernier jour des trois jours de deuil national décrétés jusqu’à présent.

A 15h, un mini-débat en plénière sur le thème du terrorisme où chaque parti pourra s’exprimer cinq minutes, a démarré. Le Premier ministre se réserve le droit d’intervenir ou pas.

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