François Molins: "Les suspects de Strasbourg et Marseille téléguidés par l'EI"

Le procureur de la République de Paris, François Molins.
Le procureur de la République de Paris, François Molins. - © Capture

"C'est un passage à l'acte imminent qui a été déjoué sur notre sol", a déclaré le procureur de la République de Paris, François Molins, qui tenait une conférence de presse ce vendredi à midi, après l'interpellation le week-end dernier de cinq hommes, soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat le 1er décembre en région parisienne.

"L'état de la menace est et demeure particulièrement élevé", a déclaré François Molins en préambule à sa communication. Les cinq hommes étaient téléguidés à partir de la zone irako-syrienne et des écrits d'allégeance à l'Etat islamique (EI) ont été saisis, a déclaré le procureur de Paris. "Des armes et des instructions communes émanant de la zone irako-syrienne pour se procurer des armes ont été découvertes aux domiciles des cinq personnes interpellées", a dit François Molins. 

"La section anti-terroriste de mon parquet ouvre donc une information judiciaire des chefs de participation à une association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes d'atteinte aux personnes, l'acquisition, la détention, l'offre et la cession illégale d'armes et de munitions de catégorie A et B, le tout en réunion et en relation avec une entreprise terroriste. Les cinq individus seront présentés dans le courant de la journée devant des magistrats instructeurs spécialisés aux fins de mise en examen et de placement en détention provisoire que nous requérons", a déclaré François Molins.

2 français, un franco-tunisien, un franco-marocain et un marocain

Le procureur de la République à Paris a ensuite détaillé le profil des différents individus. "Il s'agit de quatre individus interpellés à Strasbourg", détaille François Molins. Yassin B., animateur dans une école, Hicham M, employé comme manutentionnaire, Samy B, franco-tunisien, travaillant dans une épicerie, et Zakaria M., franco-marocain, sont des amis de longue date. "Ils se voyaient régulièrement, communiquant à quatre en réseau fermé par le biais d'une ligne téléphonique dédiée", souligne François Molins. "Des écrits très clairs d’allégeance à Daech et glorifiant la mort en martyr" ont été retrouvés dans les domiciles de Yassine B et Hicham M. D'après les renseignements recueillis par les forces de l'ordre, ces derniers se sont rendus à la frontière turco-syrienne en mars 2015. "Concernant l'individu interpellé à Marseille, il s'agit d'Icham E., né le 16 juillet 1970, de nationalité marocaine, dont le casier judiciaire français ne présente aucune condamnation, et qui était SDF en France", continue le procureur de la république. 

Action envisagée le 1er décembre

Des captures d'écran de recherche via Google maps de plusieurs lieux ont été retrouvées dans un téléphone et dans l'ordinateur de Yassine B. Pour François Molins, cela établit "une volonté manifeste de trouver et repérer des cibles pour passer à l'acte à très court terme". Les éléments saisis en perquisition à Strasbourg ont permis "d'établir qu'une action était envisagée par le groupe strasbourgeois le 1er décembre sans que l'on puisse toutefois déterminer à ce stade la cible précise choisie parmi toutes celles envisagées". Pour l'instant, rien ne prouve qu'il y ait eu des contacts directs entre ceux de Strasbourg et celui de Marseille.

Les gardes à vue des suspects avaient été prolongées jeudi, de manière exceptionnelle, au-delà de 96 heures. Leur interpellation avait permis de "mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date" en France, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Seul le suspect marocain était connu des services de renseignement.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK