Attentat de Liège : des policiers blessés par des tirs amis

Selon plusieurs sources policières, le 29 mai dernier lors de l’attentat de Liège, au moins deux des 4 policiers blessés ont été touchés par des tirs amis.

Que s’est-il passé ?

Il est environ 10h30 du matin lorsque Benjamin Herman tue deux policières et un jeune étudiant. Après avoir semé la mort, il remonte le boulevard d’Avroy et se réfugie dans l’Athénée Léonie de Waha. C’est là qu’il prend en otage un membre du personnel d’entretien de l’établissement. Il posera deux questions à la femme de ménage : " Es-tu musulmane ? " et " Fais-tu le ramadan ? ".

Pendant ce temps, des policiers encerclent le batiment. Des hommes du peloton anti-banditisme (PAB), une unité spécialisée de la police de Liège, se placent sur la gauche de l'établissement. D'autres policiers arrivent du côté droit. D'autres encore sont cachés derrière des voitures et des arbres. Ils se préparent à entrer dans l'école pour neutraliser Benjamin Herman.

Mais celui-ci les prend de court. Il sort de l’école et fait face au peloton antibanditisme qui tire dans sa direction. Les balles fusent. Une balle passe à côté d'Herman et parcourt 126 mètres. Elle blesse aux bras deux agents de la brigade judiciaire qui tenaient au loin le périmètre de sécurité tenant les civils à l'écart.

En face de l'école, à une vingtaine de mètres de Benjamin Herman, un autre policier tire à travers une voiture dans sa direction. Son tir aurait-il pu manquer sa cible et blesser un des policiers en approche ? Rien ne permet encore de l'affirmer, mais c'est une hypothèse étudiée en ce moment par les experts en balistique. 

Des tirs amis : comment est-ce possible ?

Pour Vincent Gilles, président du SLFP police, ces tirs amis peuvent s’expliquer. Les différentes équipes de police ne sont pas assez entrainées aux tirs. Quatre séances d’entrainement de 4 heures sont organisées chaque annéee. Ceci dit, ces quatre heures ne servent pas uniquement aux exercices de tirs, elles servent aussi à perfectionner les techniques et tactiques d’intervention notamment.

De plus, les différents services ne sont pas habitués à s’entrainer et à collaborer ensemble. " De manière générale, les policiers sont bien trop peu entrainés, ce qui n’enlève rien à leur professionnalisme " souligne le président du SLFP Police.

Un autre élément est soulevé par Vincent Gilles : " aucune situation à laquelle sont confrontés les policiers n’est identique à la précédente ou à la suivante. Chaque policier doit donc être le mieux préparé possible au niveau mental ". Et c’est là que le bât blesse selon le syndicaliste. " L’institution tarde à mettre en place des outils en suffisance " regrette-t-il.  

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