Musée juif : pour un ex-inculpé dans le dossier, Nemmouche est "gentil et très calme"

Attentat au Musée juif de Belgique: une audience marquée par l'arrogance de Mehdi Nemmouche
Attentat au Musée juif de Belgique: une audience marquée par l'arrogance de Mehdi Nemmouche - © IGOR PREYS - BELGA

Le procès de l’attentat au Musée juif de Belgique suit son cours. Une audition filmée de Mehdi Nemmouche a été diffusée ce matin. Dans cette audition menée pendant sa garde à vue à Paris en 2014, Mehdi Nemmouche a beaucoup plus parlé que lors des auditions précédentes, mais a continué d’agir comme s’il s’agissait d'un jeu. Il est pourtant accusé de quatre assassinats terroristes.


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Lors de cette audition, les enquêteurs posent des questions sur les liens entre Mehdi Nemmouche et sa famille. Ces derniers lui demandent s’il a encore des contacts avec des membres de sa famille, lui font lire les auditions de sa tante, Danièle Nemmouche, et lui demandent ce qu’il en pense.

Attitude arrogante et éclats de rire

Entre réponses approximatives et DAS (droit au silence), il s’étire sur sa chaise, place ses mains derrière la tête, baille. « Je pense à faire des livres déjà. Je vais vous en dédicacer un ». À une énième question, Nemmouche répond : « Joker ! J’ai droit à un joker ! »

À propos des armes, l’enquêteur lui demande s’il n’est pas temps de s’expliquer. Mehdi Nemmouche a réitéré son DAS. Les enquêteurs lui demandent ensuite comment il va. Sa réponse : « On ne peut mieux. Parfois je vois un truc qui n’est pas DAS alors je saute dessus », a-t-il dit dans un éclat de rire.

Sur le fait d’être un enfant placé, « c’est un parcours comme un autre »Les enquêteurs lui demandent ensuite s’il regrette des choses qu’il aurait faites. Il répond : « Le fait d’avoir volé des gens. Des erreurs de jeunesse, d’adolescent ». Les enquêteurs demandent s’il regrette des choses dans sa vie d’adulte, il répond : « je n’en ai pas souvenir ».

Je sais très bien ce que tu veux me faire dire, je ne suis pas con

Il a semblé, pendant l’interrogatoire, que les matières géopolitiques l’intéressent beaucoup. Le procureur général a remarqué à deux reprises que Mehdi Nemmouche utilisait des expressions déjà entendues dans d'autres pièces du dossier.

Par exemple, il a parlé de Tito [NDLR : dictateur yougoslave] et a utilisé l’expression « fumer quelqu’un ». Hier, les ex-otages français ont rapporté une phrase attribuée à leur geôlier Abou Omar qu’ils ont formellement identifié comme étant Mehdi Nemmouche. Celui-ci aurait dit qu’il voulait « fumer une petite juive de 4 ans ».

Le procureur général a également demandé au jury d'observer la maîtrise de Mehdi Nemmouche pendant ses auditions. « Ça fait 20 minutes qu’on est sur le même sujet. Vous me dites des choses pour me tirer les vers du nez. Je sais très bien ce que tu veux me faire dire, je ne suis pas con ».

Neuf téléphones, des cartes SIM, une douille percutée

La présidente a fait venir un témoin à la barre. Son numéro de téléphone s’est retrouvé dans l’enquête de téléphonie. Plusieurs appels ont été passés depuis son téléphone à Nacer Bendrer.

Elle a réaffirmé ne connaître ni Nacer Bendrer, ni Mehdi Nemmouche, mais admet qu'elle a pu prêter son téléphone. "Je ne me rappelle plus, ça fait tellement longtemps", a indiqué la jeune femme, qui était âgée de 19 ans au moment des faits.

Les procureurs généraux ont ensuite précisé avoir trouvé dans son sac, lors de la perquisition, une douille percutée de 9mm et une cartouche de 9mm non percutée. « Je crois que vous vous êtes trompés de dossier », indique-t-elle. « Mais c’est quoi une douille, c’est quoi une munition ? La douille, je l’ai trouvée par terre. La cartouche, je n’en ai pas. »

Neuf téléphones portables et des cartes SIM ont aussi été trouvés dans sa chambre. La témoin dit qu’ils étaient cassés ou avaient des problèmes d’écrans ou de batteries. Pour les cartes SIM, elle dit mettre dans une boîte celles qu’elle n’utilise plus.

Mounir Attallah, ex-inculpé dans ce dossier

C'est ensuite au tour de Mounir Attallah, ex-inculpé dans ce dossier, d'être auditionné. Il dit connaître Mehdi Nemmouche « de la prison de Salon-de-Provence ». Il précise que Nemmouche « était quelqu’un de gentil, de tranquille, très calme ». « Je restais avec lui. Il faisait du sport, comme tout le monde. On courait, on faisait des pompes, la barre. »

La présidente revient sur le fait que l’administration pénitentiaire a fait un organigramme avec les détenus radicalisés. Dans cet organigramme, il y a le nom de Mehdi Nemmouche et celui de Nacer Bendrer. Il n’y a pas le nom de Mounir Attallah. « Radicalisé, je ne sais pas ce que ça veut dire. Soit on fait sa prière, soit on ne la fait pas », indique-t-il.

ll ajoute avoir entendu parler du djihad à la télé mais ne pas être de ce monde-là, « Nacer Bendrer non plus ».

Après l'attentat contre le Musée Juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche et Mounir Attallah sont en contact. Pour ce dernier, leur conversation est la suivante : « Ça va ? Bien ? On discute un peu, puis il me dit : "Si je viens à Marseille, on peut se voir ?". Moi, ça ne me pose aucun problème de voir n’importe qui. Puis, quand il est à Marseille, il m’appelle, je vais le chercher ».

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