Attentat à la mosquée d'Anderlecht: un acte lié à des tensions historiques?

Une mosquée
Une mosquée - © Mark Edward Smith (agefotostock)

Au sein de la communauté musulmane certains disent, sans qu'il y ait confirmation à cette heure, que l'attaque contre la mosquée Rida serait liée à des tensions aux dimensions géopolitiques, internes à l'islam.

L'agresseur serait un salafiste, une mouvance sunnite, qui aurait voulu s'en prendre à des chiites, suite à la répression en Syrie. Le journal De Morgen souligne également que la mosquée d'Anderlecht est une mosquée chiite dans un quartier à majorité sunnite. 

La rivalité entre sunnites et chiites plonge ses racines dans l'histoire. La fracture remonte au 10 octobre 680 dans la plaine de Kerbala, dans l'Irak actuel. L'armée du calife écrase celle d'Hussein, petit-fils du Prophète. Hussein est tué. Mais, son martyre va devenir le mythe fondateur des chiites qui le célèbrent chaque année lors de l'Achoura.

Les chiites estiment que seuls les descendants du Prophète ont autorité sur l'islam. Pour leur part, les sunnites, qui sont majoritaires dans le monde musulman, considèrent que la Sunna, la tradition, assure la pérennité du message de Mahomet. Le salafisme est un mouvement sunnite qui revendique un retour à l'islam des origines, fondé sur le Coran et la Sunna.

Les chiites ont souvent été méprisés dans l'histoire

Au fil des siècles, les confrontations entre sunnites et chiites ont été fréquentes.

Les chiites représentent aujourd'hui environ 15% de l'ensemble des musulmans, c'est-à-dire environ 150 millions de fidèles. Ils sont très majoritaires en Iran. Ils représentent également 60% de la population irakienne. Au Liban, il s'agit de la communauté religieuse la plus nombreuse, devant les musulmans sunnites et les chrétiens.

Ces dernières années, les affrontements entre les deux branches de l'islam se multiplient dans la région, de l'Iran à la Syrie en passant par le Golfe.

Le conflit syrien cristallise encore plus les tensions

L'Iran chiite soutient le régime de Bachar el-Assad, dominé par les alaouites, une secte chiite. La chute du régime syrien couperait Téhéran du Hezbollah. Le mouvement chiite libanais se retrouverait isolé. De leur côté, les pays sunnites, dont principalement le Qatar, apportent leur appui aux insurgés syriens sunnites.

Nicolas Willems

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