Incendie à l'INCC: l'OCAM n'avait pas préconisé des mesures de sécurité supplémentaires

Le SPF Justice a exprimé lundi son soutien aux collaborateurs de l'Institut national de Criminalistique et de Criminologie (INCC) à Neder-Over-Heembeek, frappé par un incendie volontaire survenu dans la nuit de dimanche à lundi, tout en soulignant que l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (Ocam) n'avait recommandé aucune mesure de sécurité supplémentaire après les attentats du 22 mars. Le Service public fédéral (SPF) Justice a indiqué dans un communiqué "déplorer" les faits criminels qui se sont produits à l'INCC.

Cinq suspects remis en liberté sans inculpation

Les cinq personnes arrêtées dans les environs immédiats de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) à Neder-Over-Heembeek, à la suite de l'incendie volontaire survenu dans la nuit de dimanche à lundi vers 2h du matin, ont été remises en liberté après audition, a indiqué lundi vers 15h le parquet de Bruxelles. A ce stade, il n'a été procédé à aucune inculpation.

Le parquet de Bruxelles a saisi un juge d'instruction du chef d'incendie volontaire d'un immeuble et de dégradations par explosion. Le parquet et le juge d'instruction sont descendus sur les lieux. Différents experts ont été désignés. Les expertises sont en cours. A la demande du juge d'instruction, aucune information ne sera communiquée par rapport à la cause du sinistre.

Afin de permettre à l'enquête de se dérouler dans la sérénité, aucun commentaire supplémentaire ne sera fait à ce stade, a précisé le parquet. En fonction de l'avancement de l'instruction, plus d'informations pourront cependant être communiquées par la suite.

Clôtures forcées

Plusieurs auteurs ont forcé l'entrée du terrain de l'INCC au moyen de leur véhicule et ont pu atteindre l'aile abritant les laboratoires. Seules les clôtures ont été forcées. Des témoins disent avoir entendu des explosions, dont l'origine n'a pas encore pu être déterminée.

L'hypothèse d'un acte terroriste n'est pas confirmée. L'enquête en cours envisage différentes pistes. Plusieurs individus peuvent avoir intérêt à faire disparaître des éléments à charge de leurs dossiers judiciaires.

Bâtiment non surveillé

Jan De Kinder, le directeur général de l'INCC, a indiqué que le bâtiment n'était pas surveillé, ni par un garde de nuit, ni par la police ou l'armée. L'enceinte est par contre équipée de caméras de surveillance.

L'aile visée abrite six des dix laboratoires de l'Institut, selon Fabrice Gason, conseiller général de l'INCC. Il s'agit notamment des laboratoires analysant les traces de poudre, les produits accélérateurs de feu, les fibres textiles et les microtraces biologiques. Ce dernier département, situé au premier étage, a été fortement endommagé par l'incendie, mais aussi par la fumée et l'eau des pompiers.

Le laboratoire d'analyse des microtraces (cheveux, poils, fragments végétaux...) a joué un rôle important dans de nombreux dossiers judiciaires, notamment l'affaire Dutroux ainsi que l'assassinat de Stacy Lemmens et de Nathalie Mahy, en juin 2006 à Liège. Les milliers de cheveux retrouvés pendant l'enquête sur l'affaire Dutroux sont toujours conservés dans ce labo.

Les différents laboratoires sont visibles de l'extérieur, affirme M. Gason, mais les enquêteurs ne savent pas encore si les auteurs de l'incendie visaient spécifiquement le laboratoire de microtraces ou l'Institut dans son ensemble.

Enfin, un véhicule noir de marque Peugeot garé à proximité de l'Institut a fait l'objet d'investigations de la part des enquêteurs. Mais cette voiture ne semble pas liée à l'affaire.

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