Attaque à la machette à Charleroi: les policiers de plus en plus visés

Les policiers sont de plus en plus dans le viseur. Les attaques se multiplient depuis plusieurs mois et l’attaque de deux policières à Charleroi ce samedi semble encore une fois le confirmer.

Il y a 2 mois à Magnanville, à 50 km de Paris, un policier a été tué devant chez lui de neuf coups de couteau. Son épouse aussi est retrouvée morte à l'intérieur du domicile familial. L'assaillant est abattu par les forces de l'ordre mais rapidement le groupe terroriste Etat Islamique revendique l’attaque.

Le lendemain, la France se réveille sous le choc. Les drapeaux sont mis en berne pendant trois jours et les hommages se multiplient dans différents commissariats du pays.

La crainte, longtemps redoutée, est devenue réalité : des policiers sont bien la cible d'attentats terroristes.

Verviers, signal d’alerte

En Belgique, cette menace est prise au sérieux depuis plus longtemps encore. En janvier 2015, Verviers voit une action policière d'envergure sur son territoire. Un groupe djihadiste est soupçonné de préparer des attentats. Sur place, du matériel est saisi: des armes, de l'argent mais aussi des uniformes de police: l’objectif est "soit tuer les policiers chez eux, soit dans les commissariats", explique à l’époque Thierry Werts, magistrat fédéral.

Dans la foulée, la sécurité des postes de police est renforcée et des patrouilles sécurisent les entrées. Désormais les agents ne peuvent plus se déplacer seuls. Pourtant aujourd'hui, ces mesures ne sont plus aussi strictes.

Les syndicats demandent désormais une réévaluation: "Cette attaque souligne ce que nous disons depuis le 15 janvier 2015, à savoir que les policiers sont particulièrement dans le collimateur des terroristes, explique Vincent Gilles, président du SLFP Police. Plus personne, malheureusement, ne peut en douter. Donc il nous semble que le niveau de la menace pour les policiers doit remonter de 2 à 3. Avec les conséquences en matière de sécurité que cela impose, et cela quels qu'en soient les coûts."

Anonymat, arme à domicile

Pour Vincent Gilles, il faudra revoir aussi les effectifs: "A cause des décisions prises par les gouvernements précédents, la police était déjà en manque de 3700 équivalents temps plein, soit près de 10% de l'effectif total". Dans l'immédiat, Vincent Gilles demande que les lieux de travail collectif des policiers fassent l'objet de mesures de protection particulières. Il demande aussi une décision politique visant à accorder aux policiers le droit au port d'arme en continu et l'anonymat des policiers travaillant sur des dossiers sensibles.

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