Assurance, prix des tests Covid, mesures à l’étranger… Comment s’organiser pour voyager cet été ?

Cet été sera le deuxième placé sous le signe des mesures contre le coronavirus. Et avec elles, une panoplie de choses à penser et de surcoût à prévoir pour organiser ses vacances. 

Avec quelques différences tout de même par rapport à l’été précédent. A ce stade, de plus en plus de personnes ont été vaccinées, ce qui devrait permettre quelques relâchements. En tout cas, c'est l'objectif au niveau européen. L’UE planche sur un "certificat européen", une sorte de "corona pass", qui devrait être prêt à la fin du mois de juin.

L'idée c'est de pouvoir harmoniser les règles et permettre la liberté de circulation. Sur le certificat sera inscrit si vous êtes vaccinés, si vous avez des anticorps ou encore si vous avez réalisé un test PCR avant de voyager. Mais là encore de nombreuses incertitudes persistent et les Etats sont pour l'heure opposés sur la question.


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En attendant, qu’il s’agisse de tests PCR à payer de sa poche ou des différentes mesures à suivre dans chaque pays, cette année encore l’organisation des vacances d’été nécessitera un peu d’organisation et de calcul.

Le maître mot devrait être "flexibilité"

Quelles seront les règles en vigueur pour pouvoir voyager cet été ? Pour le moment aucune certitude. Des précisions étaient attendues lors du comité de concertation le 11 mai dernier, mais finalement, les autorités attendent ce qui sera décidé au niveau européen, concernant un éventuel passeport sanitaire, pour pouvoir se prononcer. Cette semaine des tractations entre le Parlement européen et le Conseil sont prévues en vue de trouver un accord.

"Aujourd’hui cela reste compliqué de savoir comment se passeront les vacances d’été", souligne Julie Frère, porte-parole de Test-Achats. Est-ce que des quarantaines sont à prévoir ? Quels seront les coûts supplémentaires ? Est ce que les règles vont changer ? Dois-je prendre une assurance annulation ? Réserver mes billets d'avion ou de train ou bien attendre le dernier moment ? Idem pour la location d'un logement de vacances ?

Dans ce contexte, la première chose à faire c’est de respirer un bon coup, de s’armer de patience et de "choisir les options les plus flexibles possibles", préconise Julie Frère.

Il convient aussi d’être "prudent". Ne pas hésiter à contacter la compagnie aérienne ou encore l’hôtel dans lequel vous réservez et demander clairement : "Dans quels cas puis-je annuler ma réservation et à quelles conditions ? Serais-je alors remboursé ?", précise Julie Frère.

Un autre conseil de Test-Achats, serait d’envisager de réserver "un voyage à forfait". Autrement dit, un voyage organisé par une agence. Les garanties pour le consommateur — comme les possibilités de remboursement et d’annulation – sont plus sûres que pour un voyage que vous auriez organisé vous-même. 

"C’est important de s’adresser à un professionnel car il peut proposer des solutions annulables sans frais, parfois jusqu’à une semaine avant le départ, ou bien proposer de reporter son voyage", souligne de son côté Anne-Sophie Snyers, la secrétaire générale de l’Union professionnelle des agences de voyages.

Bien se renseigner sur les règles en Belgique et dans votre destination

Encore un poncif que l’on répète sans cesse mais qui a son importance. Oui, pour organiser votre voyage à l’étranger cet été, vous êtes tenu de vous renseigner sur les règles en vigueur dans votre destination et de suivre les éventuels changements dans le pays. 

* En arrivant sur le territoire belge

Pour le moment, en Belgique la règle qui prévaut encore, pour les voyages de plus de 48h : si vous revenez de zone rouge vous devez impérativement présenter un test PCR négatif et vous mettre en quarantaine durant sept jours. Si vous revenez d’une zone orange ou verte, là pas besoin d’un test PCR ni d’une quarantaine. Sauf si vous recevez un SMS vous indiquant que vous êtes un contact à haut risque.

Dans ce cas-là, vous devrez également vous faire tester et observer une quarantaine. Et il vous faudra dans tous les cas remplir le Formulaire de localisation du passager (PLF).

Trouvez ici le PDF qui reprend les mesures au départ et au retour en Belgique

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* Pour se rendre à l’étranger

Et si vous partez à l'étranger, la plupart des pays demandent la preuve d'un test PCR négatif pour entrer sur le territoire. Les tests de voyage sont entièrement à vos frais, contrairement aux tests que vous effectuez si vous avez des symptômes ou si vous avez eu un contact rapproché. 

Pour savoir si votre destination est une zone rouge ou non, vous pouvez vous rendre sur le site de l’ECDC. Le fait est que, pour l’heure, si certaines zones sont passées à l’orange, la grande majorité de l’Union européenne reste largement teintée de rouge.

Néanmoins, Anne-Sophie Snyers estime que, cette année encore, malgré cela, l’Europe "devrait être une valeur sûre"

Pour éviter de mauvaises surprises, il est nécessaire de prendre ses précautions. C’est le site du ministère des Affaires étrangères qui recense les mesures en vigueur dans chaque pays.

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Capture d’écran du 17 mai 2021 © ECDC

Car actuellement tous les pays ont leur propres règles. Et si de manière générale, ça peut se ressembler, gare aux subtilités. 

Par exemple, actuellement, si vous souhaitez vous rendre en Espagne sachez que vous devrez remplir un formulaire, similaire au PLF, et que vous devrez être munis d’un test PCR négatif datant de 72h avant le départ, et ce, y compris pour les enfants dès 6 ans. Par ailleurs, des mesures sanitaires spécifiques peuvent être appliquées par régions.

Mais par exemple, au Portugal, c'est dès l'âge de 24 mois que vos enfants doivent présenter un test PCR négatif. Par ailleurs, certains pays demandent à ce que les tests soient rédigés dans une certaine langue. 

Prendre une assurance ou pas ?

"Les assurances n’ont jamais été aussi importantes", souligne Anne-Sophie Snyers qui ajoute que "l’année dernière, notamment avec les interdictions de voyager en zones rouges, les assurances avaient du mal. Aujourd’hui elles sont beaucoup plus flexibles, même si certaines choses ne sont pas prises en charge, comme les soins de santé liés au Covid dans le pays de vacances où l’on se trouve".

Actuellement, lorsque vous effectuez une réservation, le prestataire peut généralement vous proposer des assurances en cas d’annulation. Mais cela peut engendrer des coûts supplémentaires, par exemple sur le prix du billet d’avion. Là encore, la prudence est de mise. A plus forte raison si vous organisez votre séjour vous-même.


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A savoir, "à ce jour, aucune assurance ne couvre les cas de l’épidémie dans les destinations comme raison d’annulation", précise Julie Frère. Autrement dit, aucune assurance ne permet pas l’annulation d’un voyage lorsque des changements de mesures ont lieu dans un pays. "Les voyageurs doivent être conscients du fait que de nouvelles flambées de Covid-19 et de nouvelles mesures à l’étranger peuvent avoir d’importantes répercussions sur leur voyage. Un rapatriement ne peut être garanti si des vols commerciaux sont annulés ou des frontières fermées", précise le ministère des Affaires étrangères.

C’est pourquoi Julie Frère met en garde et invite à "toujours regarder les exclusions de son contrat d’assurance, il faut bien lire les conditions", et là encore ne pas hésiter à "demander" les conditions d’annulation et de remboursement au prestataire avant de réserver.

Attention également à ne pas remplir son panier d’assurances parfois peu utiles. Par exemple, les assurances annulation couvrent généralement les cas de maladie, et donc si vous êtes contaminés par le coronavirus et que vous ne pouvez plus partir, a priori vous êtes déjà couvert par l’assurance annulation. Inutile donc d’en prendre une en plus.

Une petite (grosse ?) enveloppe en plus à prévoir pour les tests

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Comparatif des prix des tests PCR par pays © Euroconsummers

Il peut être recommandé de prévoir une enveloppe relativement conséquente pour certaines dépenses liées à la pandémie. C’est le cas, par exemple, pour les tests PCR qui peuvent, in fine, peser de plusieurs centaines d'euros sur le budget des vacances.

Pour le moment, les prix de ces tests varient d’un Etat à l’autre. Cela peut aller de zéro euro en France à plus de 200 euros en Finlande.

D’autant qu’en fonction des zones de voyages et des changements qui peuvent rapidement survenir, il est possible de devoir se faire gratter le nez à plusieurs reprises.

Imaginons une famille de quatre personnes, incluant deux enfants de 6 et 12 ans, qui souhaite se rendre au Portugal pour les congés. Tous les membres de la famille devront présenter un test négatif, selon les règles du Portugal. 

Et ces tests devant être réalisés en Belgique 72h avant le départ. Un test coûte 47,18 euros selon Inami. Cela représente déjà un coût de 188,72 euros pour le budget vacances de cette famille. 


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Le Portugal étant en zone orange, a priori aucun test ne devrait être demandé à cette famille au retour. Sauf si, la situation évolue ou encore si la famille reçoit un SMS la déclarant à hauts risques. Auquel cas, il faudra débourser le même montant au retour des vacances.

Et si les parents ont été vaccinés, est -ce qu'ils doivent faire un test? Et bien pour le moment cela dépend encore de la destination. Et parfois même, pas seulement du pays, mais des régions. Madère, pour reprendre l'exemple du Portugal, accepte soit un test PCR, soit un certificat de vaccination. Donc il n'est pas nécéssaire de faire les deux. 

"Les tests et la quarantaine, ce sont les grosses inconnues. Pour le moment, la Belgique attend un peu de savoir ce que fera l’Europe", souligne Anne-Sophie Snyers. L'objectif du certificat européen est qu'il soit indiqué dessus si vous avez été vacciné, si vous avez effectué un test et qu'il est négatif ou encore si vous avez des anticorps.

Et la question de savoir si vous pouvez être exemptés de test quand vous avez été vacciné n'est pas encore totalement tranchée. En mars dernier, Test-Achats mettait en garde, "on ne dispose actuellement pas de suffisamment de données pour certifier que les personnes vaccinées ne sont pas contagieuses"

Certificat européen : vers une solution harmonisée ?

C’est la raison pour laquelle, Test-Achats mais aussi Euroconsummers réclament la gratuité des tests PCR. "On veut éviter toutes discriminations mais quand le coût des tests PCR est aussi élevé, c’est évident qu’il y a une discrimination entre ceux qui peuvent payer ces tests et ceux qui ne le peuvent pas", souligne Julie Frère.

De plus, tout le monde ne peut pas encore avoir accès aux vaccins. Une partie de la population devra donc débourser de quoi payer les tests. 

Il y a quelques semaines, les députés européens se sont mis d’accord, à une très large majorité, pour la mise en place de ce certificat européen, incluant la gratuité des tests PCR et le fait que le certificat européen puisse permettre d’harmoniser les règles dans chaque État. 

"Cette semaine devrait être décisive pour le passeport sanitaire européen", indique Euroconsummers. En effet, des négociations sont toujours en cours entre les Etats membres et le parlement. Mais aussi entre les Etats, où de nombreux points de blocage subsistent. C'est le cas notamment de la question de la gratuité des tests.

La France a, par exemple, annoncé ce week-end, que les tests PCR seront gratuits pour les touristes cet été, comme l’ont expliqué plusieurs médias français

La Commission européenne espère que le système sera techniquement prêt dès le 1er juin et opérationnel dans l’ensemble de l’UE à la fin du mois de juin. 

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