Assouplissement des mesures grâce au vaccin ? Pas si simple : les explications d'Yves Van Laethem

"Tenir bon", c’est l’appel lancé par les différentes autorités du pays pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Le moral des Belges est mis à rude épreuve après des mois de confinement total ou partiel.

Alors, la campagne de vaccination permettra-t-elle de lever rapidement les mesures ? Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19, a fait le point ce mardi matin lors d’une conférence de presse.

"Lorsque tous les résidents des maisons de repos qui le désirent (au moins 80 à 90% d’entre eux) auront été vaccinés avec leur deuxième dose [du vaccin Pfizer-BioNTech, ndlr], soit vers la mi-février ou le 20 février, nous aurons protégé au mieux une population particulièrement fragile qui a payé de manière disproportionnée le prix de cette pandémie", explique-t-il. Pour l’heure, 1,7% de la population belge de plus de 18 ans a reçu une première dose de vaccin. Et, même si l’Institut de santé publique ne publie pas les âges des personnes ayant reçu une dose de vaccin, dans la mesure où ce sont les maisons de repos puis le personnel soignant qui a été prioritaire dans la vaccination, on peut considérer qu’il s’agit des tranches les plus âgées.

Une fois que le vaccin aura fait son effet dans cette catégorie d’âge, nous pourrons alors "voir drastiquement diminuer le nombre de décès global lié au Covid dans notre pays".

Mais voilà, "ces résidents constituent un groupe limité à 1/5e des personnes qui occupent les lits d’hôpitaux" à la suite d’une infection au Covid-19. Dans ce contexte, "la diminution de leur hospitalisation apportera une bouffée d’air à nos services hospitaliers, mais seulement une bouffée d’air limitée à 1/5e".

Néanmoins, comme l’expliquait l’épidémiologiste Marius Gilbert, "pour donner un exemple, les plus de 85 ans représentent à peu près 2,5% de la population mais ils représentent 52% des décès. Donc dès que l’on aura protégé 2,5% de notre population, nous pourrons avoir un impact sanitaire de cette épidémie sur notre population". Ainsi, s’ils seront limités, les effets de la vaccination des personnes vulnérables ne seront pas négligeables.

Prudence néanmoins, "cela va prendre un peu de temps". Et d’ajouter, "on voit en Israël qui a commencé plus tôt que nous et ils ont aussi commencé par les personnes plus âgées et donc une assez grande proportion de personnes de la population des plus âgées a reçu une première dose du vaccin, une plus petite proportion de la population a reçu la deuxième dose. Et pourtant on ne voit pas encore les effets", indique Marius Gilbert.

Vacciner les plus de 65 ans hors maisons de repos

Prochain objectif : vacciner aussi les plus de 65 ans qui ne vivent pas en maison de repos. Il y a dans cette population "un énorme nombre de personnes potentiellement à risque de faire des complications", poursuit le médecin qui pense notamment à "tous les plus de 65 ans et les 45-65 ans avec des pathologies sous-jacentes". Ce qui constitue entre 1,5 million et 2 millions de citoyens.

Dès lors, "ce n’est qu’une quinzaine de jours après la première dose de cette population de plus de 65 ans qu’on pourra avoir un impact plus significatif sur l’hospitalisation en soins intensifs et dans les hôpitaux en général".

Il faudra donc attendre cette étape pour "envisager de pondérer différemment les deux facteurs importants : le nombre d’hospitalisations et le nombre de nouvelles contaminations. Ce dernier indicateur pourrait être un facteur moins important si la population cible est bien protégée. Et pour cela il faudra attendre quelque part en avril ou en mai".

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