Assita Kanko: "Je réfléchis avec mon cerveau, pas avec la couleur de ma peau"

Assita Kanko: "Je réfléchis avec mon cerveau, pas avec la couleur de ma peau"
Assita Kanko: "Je réfléchis avec mon cerveau, pas avec la couleur de ma peau" - © Tous droits réservés

Le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné à Memphis, aux États-Unis, à l'âge de 39 ans. Il avait fait de sa vie un combat pour les droits civiques des personnes de couleur, pour l'égalité et la paix. Cinquante ans après sa mort, que reste-t-il de ce militant mythique ? Assita Kanko, conseillère communale MR à Ixelles, revient, au micro de Matin Première, sur l'héritage qu'il a laissé.

"Martin Luther King était un homme qui allait au-delà de tous les clivages et qui voulait trouver une solution qui allait à tout le monde. Pour lui, ce n'était pas les Noirs d'un côté et les Blancs de l'autre. Pour lui, une alliance entre les deux était possible."

Pour Assita Kanko, cette idée de coalition entre deux opposés est celle qui sauvera les hommes et les femmes des inégalités qui persistent entre eux. En plus d'arrêter d'enfermer la gent féminine dans des cases qui préexistent depuis des siècles, il faut apprendre à fonctionner ensemble plutôt que l'un contre l'autre.

Cette maxime, est celle qui guide tant la politique que la vie de cette conseillère communale d'origine burkinabée. Elle se rappelle : "Mon premier souvenir de Martin Luther King c'était à l'école quand un professeur nous a présenté un texte en anglais et c'était 'I have a dream'. Il y a eu un silence dans la classe et on attendait tous la suite".

En 2018, impossible de dire si le rêve d'égalité de Martin Luther King est inachevé. Ce qui est certain pour la jeune femme, c'est "la nécessité de rester vigilant par rapport aux inégalités".

Défi politique

Pour Assita Kanko, tout l'enjeu politique actuel pour les personnes de couleur est de refuser de se positionner comme le représentant d'un seul groupe ethnique, d'une seule partie de la population. "Ce que Barack Obama a fait, et que j'ai trouvé inspirant, c'est qu'il n'est pas devenu le président des Noirs américains mais de tous les Américains.Une autre facette du racisme, qu'elle s'efforce de combattre depuis qu'elle a décidé de se présenter en politique en 2012. "Il y a une partie du racisme où on vous met dans un coin et on vous estime incapable parce que vous avez une couleur différente. Il y a aussi l'autre versant où on essaye de vous coller une étiquette alors que vous êtes loyal à plusieurs identités."

Si elle reconnait ne pas vivre de discriminations raciales au quotidien, il lui est tout de même arrivé de se retrouver enfermée dans des cases. "Quand je me suis présentée, certains sont partis du principe que je devais uniquement faire campagne chez des gens qui étaient noirs et défendre des positions liées à un groupe donné. Pourtant, comme tout le monde, je réfléchis avec mon cerveau, personne ne réfléchit avec la couleur de sa peau."

Combat pour l'égalité des sexes

À une époque différente, dans une société qui évolue, Assita Kanko a aussi un rêve et un combat pourtant vieux comme le monde : l'égalité des sexes. "Mon rêve, c'est qu'on arrête d'enseigner aux petites filles à correspondre à des rôles."

Élue députée communale, Assita Kanko a fait le choix de ne plus se représenter cette année. À elle s'imposait pourtant deux choix : se battre pour son siège et tenter de devenir échevine ou se battre pour plusieurs femmes et partager son expérience de politicienne.

Cette deuxième option s'imposait comme une évidence à l'heure où, à Bruxelles, seulement deux bourgmestres sur 19 sont des femmes et où les chiffres à échelle mondiale sont loin d'être meilleurs. De là est né Poline, un incubateur politique qui aide les politiciennes en herbe à persévérer et se lancer dans le monde trop masculin de la politique belge.

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