Assange Day: Julian Assange, figure des lanceurs d'alerte, "en danger", ses soutiens belges se mobilisent

Julian Assange risque 175 ans de prison aux Etats-unis.
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Julian Assange risque 175 ans de prison aux Etats-unis. - © JUSTIN TALLIS - AFP

Julian Assange est sans doute le lanceur d’alerte le plus emblématique. C’est lui qui a révélé des milliers de documents mettant en cause les exactions commises, par le gouvernement américain, pendant les guerres en Afghanistan et en Irak. C’est lui aussi qui a créé le site Wikileaks.

Aujourd’hui, il est incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh au Royaume-Uni. Le responsable de l’ONU qui l’a vu en prison évoque un cas de torture. Placé à l’isolement le plus complet depuis le mois d’avril 2019, ces avocats se mobilisent.

Plusieurs personnalités du monde académique, médiatique et culturel ont signé un appel au gouvernement Belge pour agir avec tous les moyens à sa disposition pour faire libérer Julian Assange, et lui offrir asile et protection ".

Ce mercredi, ils décrètent le " Assange Day ". Ces supports seront à Bruxelles, place de la Monnaie, rebaptisée pour l’occasion place Assange, avec une statue à son effigie.


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Fuite rocambolesque

En 2012, sous la coupe d’un mandat d’arrêt américain, accusé d’espionnage, le journaliste Australien se réfugie à l’ambassade d’Equateur au Royaume-Uni. Il y obtient le droit d’asile de l’État d’Equateur.

Pour rappel, légalement, une ambassade est un endroit où la souveraineté du pays qu’il représente s’applique. C’est la raison pour laquelle, en 2012, la police britannique, aux trousses du lanceur d’alerte ne peut pas pénétrer dans l’enceinte dans l’ambassade, sans l’autorisation des autorités équatoriennes. C’est la raison pour laquelle Julien Assange ne peut en sortir pendant près de 8 ans. Il le sait, un pied dehors et il sera arrêté par la police britannique.


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Fin de l’aventure équatorienne

Oui mais voilà, en Avril 2019, le président d’Equateur Lenin Moreno déchoit Assange de sa nationalité équatorienne. Oui mais voilà, la police britannique est autorisée à entrer dans l’ambassade d’Equateur. Après la prison diplomatique, le lanceur d’alerte est désormais arrêté et incarcéré dans une prison britannique, à Belmarsh. En quartier de haute sécurité. A l’isolement. Avec une demande d’extradition des Etats-Unis au-dessus de la tête. Il est accusé d’espionnage. Il risque 175 ans de prison.


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Ses jours sont en danger

L’avocate belge de Julian Assange, Annemie Schaus, a pu s’entretenir avec lui le 27 décembre dernier : " Il est dans un très mauvais état. Il a vraiment maigri, il est en très mauvaise santé […]. Il est à l’isolement le plus complet 23h sur 24h. Il peut sortir une heure, seulement dans une petite cour. Il ne voit pas les autres détenus. " Elle ajoute, deux médecins ont confirmé, à deux reprises, que ses jours étaient en danger ".

Selon les Nations-Unies, Julien Assange ferait l’objet de tortures psychologiques en raison de ses conditions de détention mais également des procédures qui traînent en longueur, " qui s’apparente à du harcèlement judiciaire ", relève son conseil. Il a finalement très peu de contact avec ses avocats, précise Annemis Schaus. " Pour préparer une telle procédure, c’est absolument anormal au regard de la convention européenne des droits de l’homme ", ajoute-t-elle.

Assange, un prisonnier politique ?

C’est parce qu’il a révélé des milliers de documents ultra-confidentiels du gouvernement américain que Julian Assange est poursuivi, sans relâche. Espion pour les uns, lanceur d’alerte pour les autres. Pour son avocate belge c’est, " parce qu’il a diffusé des documents extrêmement confidentiels qui démontrent les dérives d‘un Etat démocratique […]. Ça met donc vraiment à mal les comportements de ces Etats-là. Donc ils veulent, avec la figure d’Assange, décourager quiconque voudrait faire pareil ".

Pour son Me Schaus, Julian Assange est sans conteste un prisonnier politique il n’y a pas de débat. " Parce que c’est un journaliste, un éditeur, qui a créé la première plateforme qui garantit l’anonymat des lanceurs d’alerte. Il vérifie la véracité des documents qui sont soumis et il vérifie aussi leur intérêt pour l’opinion publique, donc leur intérêt collectif, l’intérêt général. Il est poursuivi pour avoir exercé sa liberté d’expression et notre droit à l’information. Pourquoi c’est un prisonnier politique ? Parce que les États-Unis requalifient les faits en violation de la loi sur l’espionnage pour pouvoir le condamner. "

L’Etat belge à la rescousse

Mais face aux intérêts américains, bien décidé, depuis 8 ans, à faire condamner le lanceur d’alerte, que peut bien l’Etat belge ? Quelle est l’utilité de cet appel lancé par plus de 120 personnalités ? Ce que demandent son avocate et ses 120 personnalités c’est un engagement de la Belgique, la possibilité d’exercer des pressions " pour améliorer les conditions de détention d’Assange et pour que le droit au procès équitable soit respecté ". Pour Annemie Schaus, l’Etat Belge pourrait même "lui proposer un titre séjour ", dit-elle.

Ce mercredi, jour décrété d l'"Assange Day", quatre personnalités, dont Assange lui-même, recevront le titre symbolique d'academic Honoris Causa. Une façon de mettre à l’honneur les lanceurs d’alerte. Ce mercredi également, la place de la Monnaie à Bruxelles sera rebaptisée place Assange.

Le 24 février prochain débutera le procès pour l'extradition du lanceur d'alerte vers les Etats-Unis. 

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