Asile et migration : l'Onu critique les quarantaines prétextes imposées aux migrants par les pays européens

L'Onu a critiqué, dans un rapport publié mercredi à Genève, les quarantaines prolongées imposées aux migrants par les pays européens sous prétexte de la pandémie de coronavirus. Certains migrants sont restés pendant des mois dans des centres de réception, exposés aux infections.

Après avoir mené des investigations de janvier 2019 à fin 2020, le Haut-Commissariat aux droits humains s'en prend notamment à Malte. La détection sanitaire et les quarantaines aux points d'entrée "doivent être limitées" et imposées seulement si aucun autre dispositif de protection de santé ne peut être décidé par les autorités, souligne-t-il.

Moratoire sur le refoulement

L'Onu demande également à nouveau un moratoire sur le refoulement des embarcations de migrants vers la Libye. L'année dernière, plus de 10.000 personnes ont été ramenées à terre par les garde-côtes libyens (pour environ 8.500 l'année précédente), alors que de nombreuses violations des droits humains sont dénoncées en Libye.


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La Haute commissaire Michelle Bachelet a une nouvelle fois enjoint le gouvernement d'union nationale libyen et l'Union européenne de réformer rapidement leur politique sur les secours en mer. Les naufrages ont lieu parce que l'aide arrive "trop tard", selon elle, et sont le résultat de politiques "concrètes" de ces gouvernements.

Relancer les négociations avec la Lybie

De son côté, la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson a indiqué la semaine dernière que l'Union européenne espérait relancer les négociations avec la Libye concernant les migrations. Depuis que le pays s'est doté en mars d'un gouvernement d'union nationale, l'Europe voit une "nouvelle opportunité en Libye" pour développer une "meilleure coopération" migratoire.

Plus de 630 migrants sont décédés en mer depuis début janvier, selon l'Onu. Et ceux qui sont débarqués en Europe se voient exposés à des conditions de vie très difficiles et à des détentions arbitraires, dénonce-t-elle.

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