Arrêt de traitement: l'affaire Vincent Lambert n'aurait pas pu avoir lieu en Belgique

Manifestation contre l'arrêt des soins pour Vincent Lambert
Manifestation contre l'arrêt des soins pour Vincent Lambert - © FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

L'arrêt des soins de Vincent Lambert, un patient tétraplégique en état végétatif, a débuté ce lundi en France. Victime d'un accident de la route, Vincent Lambert est dans cet état depuis dix ans. 

Cette affaire est devenue en France le symbole du débat sur la fin de vie et déchire sa famille depuis six ans : d’un côté, les parents fervents catholiques, un frère et une sœur s’opposent à l’arrêt des soins, arguant qu'il est handicapé ; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient veulent mettent fin à cet « acharnement thérapeutique ». 

Il n'avait pas laissé de directives anticipées, mais son épouse et son neveu affirment qu’il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique. Les parents ont multiplié les procédures afin d'empêcher l'arrêt des soins. 

La procédure d'arrêt des traitements est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas « d'obstination déraisonnable ». Selon cette loi, les traitements peuvent être « suspendus » lorsqu'ils « apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». La décision doit être prise par les médecins de façon « collégiale ».

Pas possible en Belgique

En Belgique, une telle affaire n'aurait pas été possible. La Belgique est en effet bien mieux dotée légalement que la France en terme de fin de vie, rappelle Jacqueline Herremans, avocate, membre de la Commission de contrôle de l'euthanasie (CFECE) et présidente de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

« En Belgique, on devrait d’abord se demander s’il a fait une déclaration anticipée d’euthanasie. S’il ne l’a pas fait, on peut se retrouver dans le cadre de la loi sur les droits des patients. Il y a plusieurs questions : a-t-il refusé par écrit certains traitements, comme l’alimentation artificielle ? Si pas, il faut savoir s’il a désigné un mandataire, c’est lui qui exercera les droits du patient. S’il n’y a pas de mandataire, il y a une hiérarchie. D’abord le partenaire cohabitant, puis les enfants majeurs et enfin, les parents. Et s’il n’y a pas de solution avec ces personnes, le frère ou la sœur », précise l'avocate.

En Belgique, les parents de Vincent Lambert n'auraient donc pas pu s'opposer à la décision de sa conjointe.


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Et de préciser que ce qui a été décidé pour Vincent Lambert n'est pas une euthanasie mais bien un arrêt de traitement. 

« L’euthanasie, c’est l’acte de mettre fin volontairement à la vie d’une personne à sa demande. Il s’agit d’un acte qui se passe dans un très court délai de temps, en quelques minutes. Ici, c’est un arrêt de traitement. C’est très répandu, beaucoup plus que l’euthanasie. C’est une décision médicale qui est prise quotidiennement ».

Archives: Journal télévisé ‎16‎/‎05‎/‎2019

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