Arrêt cardiaque de Christian Eriksen : "Dans 15% des cas, on ne peut rien détecter" lors des visites médicales

Le Danois Christian Eriksen, qui s’effondre sur la pelouse en plein match de l’Euro, avant de subir un massage cardiaque et d’être évacué sur civière. L’image a fait le tour du monde. Ce n’est pas la première fois qu’un sportif s’effondre ainsi dans l’effort, certains en sont même décédés. Le joueur danois, lui, s’en est bien sorti, même s’il devra porter dorénavant un défibrillateur cardiaque.


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La mort subite du sportif reste très rare, comme l’explique le professeur François Carré, cardiologue et médecin du sport, au CHU de Rennes en France : "C’est un sur 200 à 300.000 sportifs de haut niveau. Sur la population générale, avant 35 ans, ce sera 1 sur 100.000 des personnes qui font du sport et 2 sur 100.000 après 35 ans".
 

De multiples causes

Il y a deux groupes d’âge, parce que ce ne sont pas les mêmes pathologies. Après 35 ans, les morts subites du sportif sont généralement associées à des maladies coronaires, des artères du cœur, alors qu’avant 35 ans, ce sont généralement des maladies génétiques ou congénitales du cœur.

"Par exemple, des cardiopathies hypertrophiques, avec un épaississement du cœur, qui peut être d’origine génétique. Il y a des anomalies dans les canaux ioniques (des protéines qui traversent la membrane cellulaire, qui contrôlent l’activité électrique cellulaire et sont impliqués dans chaque battement du cœur, ndlr) qui peuvent provoquer une arythmie et une mort subie à l’effort. Il y a des anomalies des artères coronaires. Et puis il faut reconnaître que dans un certain nombre de cas, on ne trouvera pas grand-chose qui montrera une maladie sous-jacente pour expliquer une mort subite", détaille Christophe Beauloye, chef du service de cardiologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

Il y a également la maladie arythmogène du ventricule droit, qui peut aussi toucher le ventricule gauche du cœur, mais aussi des myocardites, une inflammation du muscle cardiaque, qui s’est d’ailleurs manifestée parmi les complications d’une infection au coronavirus.

Dans 15% des cas, on ne peut rien détecter

Les causes peuvent donc être multiples. Comment faire pour les détecter ?

La société européenne de cardiologie et le groupe de cardiologie du sport ont formulé des recommandations. Mais la détection absolue n’est pas possible, comme l’explique le professeur François Carré : "Il faut faire un électrocardiogramme de repos. Quand on fait une visite d’absence de contre-indication pour le sport, l’interrogatoire, l’examen physique, on détecte 15% des causes de maladies cardiaques ; si on ajoute l’électrocardiogramme, on arrive à 85%. Dans 15% des cas, on ne peut rien détecter, c’est ce qui est arrivé à Christian Eriksen".


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Mais le meilleur détecteur, c’est aussi le sportif lui-même. D’après François Carré, dans 60% des cas de morts subites, les sportifs ont eu des symptômes et ne les ont pas écoutés.

Enfin, si un arrêt cardiaque devait se produire, il faut réagir vite. Réanimer la personne dans les 3 minutes. Il y a une chance sur deux qu’elle survive.

 

Sujet JT du 13 juin :

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