Arrestation de Cosimo Solazzo : trop tôt pour envisager un 4e "procès Cools"

Arrestation de Cosimo Solazzo: trop tôt pour envisager un 4e "procès Cools"
Arrestation de Cosimo Solazzo: trop tôt pour envisager un 4e "procès Cools" - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L'arrestation de Cosimo Solazzo, survenue en Italie au début de cette semaine, est encore trop récente que pour envisager la mise sur pied d'un quatrième procès relatif à l'assassinat d'André Cools, a indiqué jeudi l'avocate générale Marianne Lejeune. Différents éléments peuvent influencer la suite de la procédure.

Cosimo Solazzo, âgé de 72 ans, avait été jugé en 2004 et condamné par défaut à une peine de 20 ans de prison par la cour d'assises de Liège pour avoir participé à l'assassinat d'André Cools. Il n'avait donc pas assisté à son procès et avait pris la fuite en Italie lors de l'été 2003. Le parquet général de Liège avait régulièrement relancé la procédure pour tenter de l'intercepter par l'intermédiaire d'un mandat d'arrêt européen. Son arrestation relance la perspective d'un quatrième "procès Cools".

L'arrestation a été confirmée au parquet général de Liège par le ministère des Affaires étrangères mais aucun document officiel émanent de la justice italienne n'est encore parvenu au parquet général de Liège. A ce stade, différents cas de figure peuvent être envisagés quant au sort à réserver à Cosimo Solazzo.

Extradé par l'Italie ?

"Nous devons d'abord savoir si l'Italie va accepter de l'extrader. Si ce n'est pas le cas, le parquet peut envisager de dénoncer les faits à la justice italienne afin qu'il soit jugé en Italie", a confirmé l'avocate générale Marianne Lejeune.

En cas d'extradition, un nouveau procès en Belgique pourrait être organisé si Cosimo Solazzo fait opposition à sa condamnation. Le septuagénaire pourrait aussi envisager de plaider l'irrecevabilité des poursuites à la suite du dépassement du délai raisonnable, comme Richard Taxquet en a bénéficié lors du troisième procès à Namur.

"Mais les situations sont totalement différentes. Richard Taxquet avait été jugé en sa présence et de façon contradictoire. Cosimo Solazzo a toujours été en fuite et a été jugé par défaut", prévient l'avocate générale.

"Il est prématuré de se prononcer sur la suite de la procédure. Pour l'instant, tout ce que nous avons, c'est un avis concernant une arrestation. Les documents officiels (...) doivent encore nous être transmis par la justice italienne", ajoute Marianne Lejeune.

Circonstances de l'arrestation

Le parquet général devrait aussi s'intéresser aux circonstances de l'arrestation réalisée en Italie. Notamment évaluer si elle est liée à un coup de filet de la police italienne ou si, en raison de la crise du coronavirus et de la fermeture des frontières, Cosimo Solazzo n'aurait pas "provoqué" son arrestation afin de rejoindre la Belgique, où il conserve des liens familiaux.

Le dernier avocat belge de Cosimo Solazzo, Me Jean-François Defourny, n'a pas encore eu de contact avec lui. "Je n'ai plus eu de nouvelles de lui depuis son départ en Italie en 2003, à l'exception d'un appel téléphonique. Mais s'il me recontacte, j'envisagerai avec lui ce qu'il y a lieu de faire", a-t-il indiqué.