Ariann L'Ecuyer, profession embaumeuse

Le 2 novembre est le jour des morts. Et en cette période, on parle beaucoup des professions liées à la mort. Les tailleurs de pierres tombales, les vendeurs de couronnes mortuaires, cultivateurs de chrysanthèmes, fossoyeurs, entreprises de pompes funèbres.

De tous ces métiers qui gravitent autour de la mort, la profession d’embaumeur ou de thanatopracteur est sans doute la moins connue. Ariann L’Ecuyer l’exerce depuis trois ans en Belgique. 

Mon métier c’est de donner des soins aux personnes décédées dans le but de les conserver. Tous les défunts ne sont pas embaumés. Ce n’est pas une pratique systématique.

Dans la majorité des cas, nous faisons juste un soin, la toilette, un maquillage simple. Nous donnons au visage un aspect plus serein, plus apaisé. Mais dans certaines situations nous embaumons. C’est parfois obligatoire quand les corps sont rapatriés dans d’autres pays. Certains pays exigent une thanatopraxie. Nous le proposons aussi si le délai entre la mort et les funérailles est long, si la personne a subi une longue médication qui fait que le corps se dégrade rapidement.

Dans ces cas-là, concrètement, nous retirons tout le sang de la personne pour le remplacer par un liquide à base de formaldéhyde, avec d’autres agents hydratants ou colorants selon la situation particulière.

Quand la personne a été victime d’un accident, il arrive que nous devions procéder à un travail de reconstruction faciale. Nous utilisons alors de la cire, parfois du plâtre.

Nous intervenons au domicile des gens, lorsque les personnes veulent conserver leur défunt à la maison, mais nous travaillons  aussi dans les hôpitaux, dans des salles d’autopsie ou au funérarium.

Evidemment, une thanatopraxie coûte plus cher qu’une simple toilette.

Une vocation ? Non un coup de foudre !

J’avais quinze ans quand j’ai rencontré un ami de ma mère qui exerçait le métier de thanatopracteur. J’ai posé des dizaines et des dizaines de questions. Si bien qu’il m’a proposé de l’accompagner une journée. J’ai accepté, j’ai rencontré une famille, on a fait une  " thanato " et ça a été le coup de foudre.

Ce qui m’a plu dans ce métier, c’est de venir en aide aux familles endeuillées, d’être une béquille. Il y a des liens très forts qui se créent.

Je travaille avec les familles, je demande une photo, la couleur habituelle du maquillage, je peux même entreprendre une coloration des cheveux si nécessaire, ...

Aujourd’hui encore je revois des familles avec lesquelles j’ai travaillé, je garde le contact.

Et la mort dans tout ça ?

A titre personnel, j’ai peur de la mort, plus précisément du passage vers la mort.

Mais les défunts, eux, ne me font pas peur.

Jamais ! Même à quinze ans, lors de ma première expérience, je n’ai jamais eu peur des morts.

 

La Semaine Viva, présentée par Régine Dubois et Christophe Grandjean,  à réecouter en intégralité sur Auvio 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK