Ariane 5 lance quatre nouveaux satellites de Galileo jeudi

Le lanceur européen Ariane 5, sur son aire de lancement à Kourou, en Guyane française, le 15 novembre 2016
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Le lanceur européen Ariane 5, sur son aire de lancement à Kourou, en Guyane française, le 15 novembre 2016 - © jody amiet

Le lancement de quatre nouveaux satellites de Galileo par le lanceur européen Ariane 5, ce jeudi, doit permettre de donner un coup d'accélérateur à ce projet de "GPS européen" qui pourrait commencer à devenir opérationnel avant la fin de l'année.

À l’issue de ce lancement, le premier assuré par Ariane, 18 satellites de la "constellation" Galileo, prévue pour en compter 30 au total, auront été mis en orbite. Le décollage est prévu jeudi de Kourou, en Guyane française, à 10H06 heure de Kourou (13H06 heure GMT, 14H06 heure de Paris).

Projet emblématique de la Commission européenne, le système de navigation Galileo vise à réduire la dépendance de l'Europe à l'égard du GPS américain, tout en améliorant les services rendus aux utilisateurs grâce à une très grande précision.

"L'objectif est de pouvoir afficher les services initiaux au mois de décembre", explique Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, l'agence spatiale française. Les services complets sont attendus pour 2020.

Conçu plus récemment que le GPS américain, Galileo lancé par l'Union européenne en 1999, intégrera les dernières avancées technologiques et offrira un signal plus précis et permettra de dater ce signal. Les systèmes concurrents de Galileo (le GPS américain mais aussi le Glonass russe ou encore le chinois Beidou) géolocalisent à 10 mètres près et ne dispose pas de la datation du signal.

Avec Galileo, "l'idée est d'avoir gratuitement un positionnement d'une précision de l'ordre du mètre et une datation d'une précision de quelques milliardièmes de seconde", détaille Jean-Yves Le Gall.

Un service payant fournira un positionnement encore plus précis, de l'ordre de quelques centimètres.

Des spécificités qui pourraient faire la différence à une époque où les services de positionnement font irruption un peu partout, dans nos smartphones, les objets connectés, les futurs véhicules autonomes. "Aujourd'hui, on considère que 10% du PIB européen dépend du système de positionnement par satellites, d'ici 2030 cette dépendance sera évaluée à environ 30%", explique le patron du CNES.

Mission plus compliquée pour Ariane

Une autre nouveauté du système européen concernera les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n'importe où sur le globe, ce qui n'est pas encore le cas.

Les 14 premiers satellites avaient été lancés par le lanceur russe Soyouz.

"Il y a eu un très gros travail de préparation pour cette mission d'Ariane 5, cela fait plusieurs années que des travaux de qualification sont réalisés par l'Agence spatiale européenne et Airbus Safran Launcher, avec le soutien d'Arianespace", précise à l'AFP, Stéphane Israël, PDG d'Arianespace au sujet de cette entrée en piste du lanceur européen dans le projet Galileo.

La mission est particulière pour Ariane: contrairement aux satellites de télécommunication qui sont équipés de systèmes de propulsion leur permettant de fournir une partie de l'énergie nécessaire à leur mise en orbite, les satellites de géolocalisation Galileo doivent être transportés quasiment jusqu'à leur orbite finale, circulaire à 22 900 km d'altitude.

"Sur cette mission, c'est le moteur de l'étage supérieur d'Ariane qui fait presque tout le job", explique Stéphane Israël. Une version particulière d'Ariane a été conçue.

"C'est une mission plus compliquée, qui dure près de quatre heures"(contre 30 minutes environ pour les satellites de télécommunication), note le président d'Arianespace. Même si le lanceur a déjà effectué plusieurs vols dans une configuration similaire, par exemple pour les cinq missions de lancement du cargo européen ATV vers la station spatiale internationale.

Les deux prochains lancements de satellites Galileo, prévus pour l'été 2017 et le début de l'année 2018, seront également assurés par Ariane 5.

Ensuite, Ariane 6 prendra le relais: "Les choses seront plus faciles quand on aura Ariane 6 dont l'une des deux configurations, Ariane 62, est directement adaptée aux missions Galileo", précise Stéphane Israël.