Coronavirus : "L'Espagne reste un pays sûr", affirme Arancha Gonzalez Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères

L’Espagne, une des destinations de vacances préférées des Belges, doit faire face à un rebond de l’épidémie de Covid-19 dans certaines régions. Alors faut-il avoir peur d’aller en Espagne au moment où chez nous les Affaires étrangères ont classé le pays en vert dans le sens de départs ?

La ministre des Affaires étrangères espagnoles, Arancha Gonzalez Laya était notre invitée en radio ce lundi matin et pour elle, il faut être rassurant. "L'Espagne reste un pays sûr. C'est un pays qui a su prendre des mesures à temps qui ont permis un déconfinement. L'Espagne a retenu la leçon, elle a pris des mesures, comme le port du masque, la distanciation sociale et toutes les mesures d'hygiène qui vont être si importante dans cette nouvelle vie que nous allons devoir vivre. Car sans vaccin et sans traitements nous allons devoir rester tous très attentifs".

Les autorités de Catalogne (nord-est) ont ordonné le reconfinement à domicile - confinement suspendu par la Justice ce lundi matin - de plus de 200.000 personnes autour de la ville de Lérida, à une centaine de kilomètres des plages très touristiques de la côte catalane. La mesure d'isolement de la zone le week-end dernier n'a pas suffi.

Ces reconfinements ciblés vont être la nouvelle norme, ici en Espagne, comme dans les autres pays européens

C'est la première fois depuis la fin du confinement le 21 juin qu'une telle décision est prise en Espagne, l'un de pays d'Europe les plus affectés (plus de 28.400 morts), et qui compte plusieurs dizaines de nouveaux foyers actifs.

Pour la ministre, qui se veut rassurante, "il y a des nouveaux cas partout en Europe, l'important c'est d'isoler rapidement ces nouveaux cas, pour éviter une extension de la contamination. Ces reconfinements ciblés vont être la nouvelle norme, ici en Espagne, comme dans les autres pays européens. Si vous vous rendez en Espagne, il sera important des suivre les protocoles d'hygiène qui vous seront communiqués par les autorités locales".

L'Espagne n'est pas le seul pays d'Europe où des mesures de restriction sont prises, insiste la ministre. "Il faut que les mesures concernant les voyages ne soient pas prises sur base diplomatique, mais bien sur base épidémiologique partout en Europe".

C'est un moment capitale pour l'Europe au niveau économique

A quelques jours d’un sommet européen extraordinaire crucial, consacré au budget et au plan de relance des 27, la cheffe de la Diplomatie espagnole rappelle que "ce plan de relance n'est pas seulement bon pour l'Espagne, il est bon pour toute l'Europe. Plus le temps passe pour prendre une décision et plus les indicateurs se détériorent. Il y a donc urgence. Une urgence pour l'Europe".

Le plan de relance de 750 milliards d'euros est composé de 250 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 500 milliards, qui n'auront pas à être remboursées par les Etats bénéficiaires. Elles devraient l'être grâce à de nouvelles ressources, comme une taxe sur le plastique, que l'UE prévoit de créer.

Ce plan s'inspire d'une initiative franco-allemande portant sur 500 milliards de subventions et un endettement commun, ce qui avait constitué une volte-face pour Angela Merkel, longtemps opposée à cette idée.


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Pour la ministre espagnole, "ce plan est une proposition forte et une partie de la solution, mais il y a aussi l'action de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui doit agir sur les marchés financiers et doit permettre aux pays européens de trouver des financements à prix raisonnables".

Et il faut donc ce plan d'investissement massifs en commun martèle la ministre, car il faut toujours tenter de vaincre les réticences des Etats dits "frugaux".

Arancha Gonzalez Laya insiste : "Ce n'est pas les pays frugaux qui vont payer pour les transferts vers les pays qui en ont besoin. C'est un emprunt commun. L'Allemagne va contribuer à 20 %. L'Espagne à 9%, les Pays-Bas seulement à 6%. Ce n'est pas comme si les Pays-Bas faisaient la charité aux autres pays européens, comme l'Espagne ou la France, c'est un emprunt commun. Ce plan est un effort de tout le monde au bénéfice de tout le monde".

Cette aide sans précédent, qui créera une dette commune entre les 27, est un pas de plus vers l'intégration européenne, voire une nouvelle étape historique pour l'UE. La ministre conclut son intervention par ces mots : "C'est un moment capitale pour l'Europe au niveau économique, mais aussi sur un plan géostratégique. Si nous n'arrivons pas à un accord, nous serons pris entre la Chine et les USA et nous n'aurons plus notre mot à dire. Il est vraiment temps de prendre une décision".

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