Araignée, oiseau ou chien: une phobie pour bon nombre de gens

Une araignée en automne
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Une araignée en automne - © RTBF

Christiane hurle, Louella est tétanisée et Gaëlle fuit face à une araignée, un oiseau ou un chien : elles ont la phobie des animaux comme près de 2% des Français, dont deux fois plus de femmes que d'hommes.

"Les personnes victimes de phobies diverses, comme l'agoraphobie (peur de la foule), sont estimées à 5% de la population et la zoophobie représente à elle seule 2%", explique à l'AFP Antoine Pelissolo, psychiatre à Paris.

Pour lui, "la zoophobie pathologique est un excès de réflexe de peur. Une gêne subjective qui empêche la personne en souffrance de vivre normalement".

D'où vient cette phobie ? "Il n'y a pas de cause évidente, mais des histoires avec un événement dans 15% des cas", note-t-il.

Pour Louella Bouyat, pas question de rester près d'un pigeon ou de quelque autre volatile.

"Ma peur des oiseaux remonte à mon enfance, place des Vosges, quand je mangeais mon goûter et que les pigeons plongeaient vers moi pour récupérer les miettes. Ca m'a traumatisée car ils étaient sales !", relate cette jeune femme de 2O ans qui "collectionne les mauvais expériences avec toute sorte de bêtes à plumes".

"Il y a des familles phobiques. C'est dans l'enfance ou l'adolescence que la phobie commence à se manifester et elle peut durer toute la vie", poursuit le psychiatre.

"Quand je vois une araignée et qu'elle avance vers moi avec ses pattes velues, je hurle !", raconte Christiane Beaucerf qui, à 78 ans, n'a toujours pas vaincu sa peur envahissante des arthropodes. "Je suis incontrôlable face à ces petites bêtes", confie-t-elle. Le pilote belge de Formule 1, Jérôme d'Ambrosio, souffre de la même phobie. (voir article)

Une expérience malheureuse ou une tradition culturelle

"La phobie d'un animal est souvent liée à une expérience malheureuse, comme une morsure de chien, ou culturelle, comme la peur du serpent, animal maléfique dans la Bible", estime pour sa part Claire Bentolila, comportementaliste animalier.

"Au cours des séances, je travaille avec le patient sur des images ou l'observation de l'animal à l'origine de la peur en expliquant ses réactions naturelles", commente-t-elle.

Mais pas question d'utiliser la manière forte : "il ne faut pas adopter un chien si on a peur de lui", souligne Claire Bentolila qui recommande de consulter au préalable un psychothérapeute.

Gaëlle Rousseau vit sa phobie des chiens comme un handicap. "Il y a des chiens partout et de toutes les tailles. A chaque fois que j'en vois un, je fuis", confie cette jeune femme qui, enfant, a été très impressionnée en voyant une personne se faire mordre par un chien errant.

"Je ne vais jamais en forêt seule par crainte d'en rencontrer un. En plus, comme ils sentent que j'ai peur d'eux, ils viennent toujours vers moi !", ajoute-t-elle précisant qu'"elle va bientôt se faire soigner".

Selon les psychiatres et les comportementalistes, les chats, chiens, serpents, araignées, rats et oiseaux engendrent les peurs les plus courantes.

Le chien représente la "peur du loup", le serpent "le mal", le chat "la fourberie", le rat "la maladie" et les chevaux "la force masculine sexuelle", relève Claire Bentolila.

"On a peur de l'inconnu en général et de tout ce qui ne nous correspond pas, comme les reptiles à sang froid qui ne font pas de bruit, et on ressent en leur présence un sentiment d'agression", affirme la comportementaliste.

AFP

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