Arabie: une fillette de huit ans mariée par son père obtient le divorce

Une fillette saoudienne de huit ans, dont le mariage à un quinquagénaire a suscité des critiques internationales, a obtenu le divorce, rapportent jeudi plusieurs quotidiens saoudiens.

Le mariage qui avait été décidé par le père a été annulé mercredi par un tribunal de la ville de Onaiza présidé par un nouveau juge, selon les journaux. Un premier juge du même tribunal avait refusé de le faire en arguant que la fillette devait atteindre la puberté avant qu'il ne se prononce sur l'affaire. Selon le quotidien Riyadh, le jugement a été obtenu après l'intervention d'"une importante personnalité" non identifiée. Le premier juge avait maintenu sa décision de rejeter une demande d'annulation du mariage de la fillette, introduite par sa mère selon laquelle le père avait marié son enfant à un adulte pour sa dot.

En première instance, il avait décidé que la fillette pouvait demander le divorce une fois pubère, ce qui a soulevé des critiques tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume saoudien ultraconservateur qui a appliqué strictement la loi islamique ou charia.

Une responsable du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Anne Veneman, avait exprimé "la profonde inquiétude" de l'organisation devant ce jugement, estimant dans un communiqué en date du 14 avril qu'il "s'agit d'une violation des droits de l'enfant". "L'Unicef se joint à ceux qui ont exprimé leur inquiétude sur le fait que le mariage des enfants contredit les normes acceptées des droits humains", a-t-elle souligné. "Cela peut aussi avoir des effets à long terme sur le bien être émotionnel, physique et psychologique" des enfants, avait-elle dit.

Le 22 avril, le quotidien Riyadh avait affirmé que le Conseil consultatif saoudien, une assemblée désignée, examinait la possibilité de fixer à 18 ans l'âge minimum légal pour le mariage des femmes, alors que Ryad subit des pressions internes et externes pour interdire le mariage des enfants. Mohammed al-Guwaihes, membre de la commission des affaires islamiques du Conseil, a indiqué au journal que sa commission et celle des affaires sociales examinaient séparément la question. Il a jugé important de fixer l'âge minimum légal pour le mariage, des femmes en particulier.

La loi saoudienne impose une stricte séparation des sexes et interdit à la femme de travailler, voyager, se marier ou d'avoir accès aux services médicaux sans l'autorisation d'un membre masculin de la famille. La femme doit être couverte en public d'un manteau et d'un voile intégral noirs.

(Belga)

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