Après un divorce, la garde alternée est encore rarement égalitaire

La garde alternée n'est pas encore assez égalitaire
La garde alternée n'est pas encore assez égalitaire - © Archive RTBF

Après un divorce, se partager la garde des enfants de manière égalitaire, à 50/50, ce n'est pas encore si courant que ça. Depuis 2006, une loi pousse les juges à favoriser ce type de garde. Mais sur le terrain, on constate que moins d'un parent sur cinq a opté pour ce système.

Et, chez plus de deux sur cinq, la garde est encore confiée à temps plein à l'un des deux parents, la mère dans la plupart des cas. Ce sont les chiffres d'une étude de Dedicated, publiée ce mercredi dans Le Ligueur.

Cette semaine, la maison de Dominique Doyen est un peu vide : ses enfants, Antoine 15 ans et Emilie 12 ans, ne sont pas là. "Ils sont chez leur papa. Ils sont partis vendredi passé et je les récupère ce vendredi" explique-t-elle. Une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre : c'est le principe de l'hébergement égalitaire. Ce type de garde est loin d'être généralisé.

Cas par cas

La loi de 2006 l'encourage, mais n'en fait pas un principe indique l’avocate Jehanne Sosson : "La loi dit que, lorsque un des parents le demande, le tribunal doit prioritairement envisager l'hébergement égalitaire. Mais cela suppose d’abord qu'il y ait un des parents qui le demande, ce qui n'est pas toujours le cas. Et même si un parent le demande, alors le juge va examiner au cas par cas".

En-dessous de trois ans, on considère souvent qu'il vaut mieux que l'enfant passe plus de temps avec sa mère. Il faut aussi que les deux parents soient assez disponibles et, comme Dominique Doyen, ils ne doivent pas vivre trop loin l'un de l'autre : "Il y a moi, il y a l'école au milieu et il y a le papa de l'autre côté; c’est vraiment une facilité pour des questions pratiques. S’ils ont oublié quelque chose chez moi quand ils sont chez papa, on sait facilement aller l'un chez l'autre chercher les affaires" témoigne-t-elle.

On le voit : l'hébergement égalitaire n'est pas applicable à tous. Mais le psychologue Benoît Van Dieren, expert auprès des tribunaux, voit tout de même une évolution : "De plus en plus de pères s'investissent dans l'éducation et dans le lien affectif avec l'enfant. Donc de plus en plus de pères demandent réellement l'hébergement égalitaire". La loi a donc déjà eu l'effet symbolique de dire aux pères qu’une garde égalitaire était possible.

Daphné Van Ossel

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