Après Strasbourg, comment mieux sécuriser les marchés de Noël ?

Sécurité renforcée sur les marchés de Noël
Sécurité renforcée sur les marchés de Noël - © EuroBill

Le marché de Noël de Strasbourg est l'un des événements populaires les plus courus de la métropole alsacienne. On y vient principalement de France, bien sûr, mais aussi d'Allemagne ou de Suisse, sans compter le flot de touristes, - des Belges, notamment - venus gonfler le nombre de visiteurs, qui arpentent ses allées. En tout ce sont pas moins de deux millions de visiteurs sur une période très courte. Un rendez-vous annuel que les autorités strasbourgeoises savaient particulièrement exposé.

"C'est une donnée dont nous avions pleine conscience", explique le maire de Strasbourg, Roland Ries. "Ce marché était visé. Mais nous avions pris un maximum de précautions."  Des fouilles corporelles, systématiques, avant de pénétrer sur le site ont même été instituées depuis plusieurs années. Car le marché de Noël a déjà été, par le passé, la cible d'un attentat, avorté celui-là. Il y a 18 ans, un commando djihadiste basé en Allemagne et qui se faisait appeler "Le Groupe de Francfort" avait prévu d'y faire exploser un objet piégé.

L'attentat, certes déjoué, avait tout de même conduit une dizaine de prévenus devant la justice, chacun condamné à des peines de un à 10 ans de prison ferme. Ce mercredi, le marché de Noël de Strasbourg est resté fermé. Il ouvrira à nouveau ses portes, mais le dispositif de sécurité sera réaménagé. Bien que ce type d'événement public reste impossible à sécuriser totalement.

L'impact immédiat sur les marchés de Noël de France

En France, l'attaque de Strasbourg a bouleversé les plans des grandes villes. A Lyon, notamment. Où, comme à Strasbourg, en plus d'un renfort policier, un périmètre de sécurité a été créé dans l'urgence, avec fouilles et palpations à l'entrée. Il s'agit d'un périmètre de type "fan-zone", un dispositif étanche, avec deux entrées, deux sorties avec fouilles de personnes et de sacs systématiques. Les patrouilles de policiers nationaux, municipaux et militaires renforceront, à Lyon, les mesures nouvelles. Des vigiles plus nombreux seront également mobilisés. "Je réclame une sécurité absolue pour ce marché de Noël", a commenté le maire de Lyon, Gérard Collomb.

Mais au-delà du marché-phare du département, le préfet du Rhône demande également aux maires d'être particulièrement attentifs à la sécurisation de ces endroits. Les directeurs de centres commerciaux se sont également vus rappeler par les services de l'Etat de renforcer la sécurité, en lien avec la police et la gendarmerie. "L'urgence-attentat" décrétée en France a pris effet aujourd'hui et a des conséquences sur la sécurité de tous les lieux de rassemblement.

Des villes belges revoient les mesures de sécurité

Chez nous, aussi, les événements de Strasbourg ont un retentissement particulier. A Liège, notamment. la cité ardente se souvient de la tuerie de la place Saint-Lambert, survenue il y sept ans. Ce matin, comme tous les mercredis, se tenait l'habituelle réunion de sécurité à l'hôtel de police. La question d'un dispositif renforcé autour du Marché s'est forcément posée. "Nous connaissons très bien les organisateurs du Marché de Strasbourg et nous nous mettons à leur place", explique Pierre Luthers, l'organisateur du Marché de Noël.

"Nous sommes très touchés par le drame qui les accable. Mais, à l'heure où nous parlons, nous n'avons pas de raison de croire à une menace de ce type du côté de Liège." "Nous n'envisageons pas de mesures de précaution supplémentaires qui soient spectaculaires", estime le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, "pour la simple et bonne raison, que dès l'ouverture de notre Marché, nous étions prêts pour le dispositif de sécurité. Cela dit, les forces de l'ordre seront évidemment visibles, en plus de policiers en civil qui effectuent des patrouilles." Car le Marché de Noël liégeois et ses deux-cents chalets, est également un rendez-vous très couru : chaque année, le temps d'un mois de fête, quelques deux millions de visiteurs sont attendus dans la cité ardente.

A Bruxelles également, l'attaque de Strasbourg bouscule les plans de sécurité. Philippe Close, le bourgmestre de la ville, a rencontré ce mercredi matin son chef de corps et les services de sécurité de la ville. Objectif : étudier, voire affiner le plan sécurité, bien que le niveau de la menace ne soit pas augmenté. Une vigilance accrue est cela dit prévue dans les périmètre des "Plaisirs d'Hiver". Des équipes de police supplémentaires sont mobilisées. Elles viennent s'ajouter au dispositif initial comprenant police, agents de sécurité et travail de prévention qui sont déjà menés depuis l'ouverture des festivités bruxelloises.

Journal télévisé 19h

Journal télévisé 19h30

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