Après les manifs, une association "anti-mesures covid" se lance en politique en vue d’éventuelles élections

Ils avaient déjà organisé plusieurs manifestations devant la Tour des finances à Bruxelles, réunissant plusieurs centaines de participants, les dirigeants de l’association Folie Virus/Viruswaanzin ont décidé de se lancer dans le débat politique. Ils entendent même présenter des listes aux éventuelles prochaines élections sous le nom "Stop", un slogan qui résume bien leur programme : arrêter les mesures sanitaires actuelles, accusées de créer d’importants dommages collatéraux d’ordre social, économique et psychologique, et rétablir l’économie dans tous les secteurs. Un retour à la vie d’avant qui se heurte malheureusement à la réalité des chiffres. Ce serait si simple s’il suffisait de décréter que tout va bien pour que ce soit vrai…

« La Justice ne nous écoute pas, essayons la politique »

"Nous sommes gouvernés par des experts, le monde politique a démissionné, il est temps de reprendre les choses en mains". Michaël Verstraeten, l’avocat flamand qui a fondé l’association Folie Virus/Viruswaanzin est amer. "Le manque de leadership politique est total. Le gouvernement a pris de mesures exagérées sous l’influence de virologues et de mathématiciens qui ne cessent de se contredire entre eux. Des mesures inadéquates qui ont causé plus de mal que de bien. Des malades souffrant d’autres maux que le coronavirus sont morts de ne pas avoir été soignés, d’autres sont morts d’isolement, de désespoir ou d’angoisse, sans compter le désastre économique et les faillites qui vont suivre. Le pire, c’est que les scientifiques persistent, ils nous prétendent que la situation s’aggrave alors que le nombre de morts et de personnes malades est très bas. Parler d’une deuxième vague est insensé, beaucoup de nos compatriotes mourront encore mais ce sera à cause des mesures gouvernementales. Nous avons tenté d’attaquer ces mesures devant les tribunaux mais la Justice se refuse de prendre ses responsabilités. Voilà pourquoi aujourd’hui nous décidons d’étendre notre action sur le terrain politique."

Des listes aux prochaines élections, si elles ont lieu bientôt

L’asbl, d’abord présente en Flandre avant d’essaimer au sud du pays, se targue de compter 18.000 membres sur les réseaux sociaux. Son programme électoral a été présenté ce vendredi à Gand, mais trois des cinq intervenants étaient francophones. Aucun n’a d’antécédent politique. La coprésidente Vanessa Grolman était active dans la défense de la cause animale avant de rejoindre l’avocat Vaerstraeten dans son combat anti-mesures. "Nous voulons rendre leur liberté aux citoyens. Bien sûr, il faut protéger les personnes fragiles mais il est inutile pour l’immense majorité des gens de porter un masque ou de se tenir éloignés les uns des autres. Qu’on en finisse avec ces mesures qui nous gâchent la vie." Le porte-parole francophone Marc Bourgeois, enseignant à l’ULB, renchérit "quand on voit comment les gens portent le masque et le manipulent sans arrêt, il est sûr qu’ils s’infectent davantage qu’ils se protègent. D’ailleurs, il suffit de voir la situation aux Pays-Bas et en Suède, ils n’ont pris des mesures aussi sévères que les nôtres et le résultat n’est pas pire, au contraire."

Ignorant le regain actuel du virus et l’augmentation des hospitalisations et des décès, le programme du mouvement tient donc en trois points : "arrêter les mesures actuelles et en prendre des bonnes sans dommages collatéraux, rétablir immédiatement l’économie dans tous les secteurs et faire en sorte que cela ne se reproduise jamais. Dès que ces trois points seront réalisés, l’objectif de " STOP " sera atteint et son action politique s’arrêtera. Pas question de devenir un vrai parti politique, ce n’est pas notre but." Quant à savoir quelles "bonnes" mesures le mouvement préconise pour sortir de la crise, cela reste assez flou : "renforcer les services de soins, protéger les patients à haut risque, favoriser l’immunité des autres, rouvrir l’économie et rétablir la liberté de chacun." Bref, des idées fort générales et assez largement partagées par toutes les formations politiques.

Des gens de bonne foi, comme les gilets jaunes, mais…

"Nous n’avons pas de couleur politique, nous sommes des citoyens qui nous révoltons contre des mesures sanitaires mortelles. " Effectivement les membres de Folie Virus/Visurwaanzin ne sont pas issus du terrain politique mais si des élections surviennent, il s’agira d’un scrutin législatif fédéral qui exige de présenter une liste dans chaque circonscription électorale du pays, ce qui représente des centaines de candidats. Quand on demande au président Michael Verstraeten s’il pourra vérifier le profil des candidats, sa réponse laisse songeur : "Non, nous sommes un mouvement apolitique, ni de gauche ni de droite ni du centre, et nous ne nous intéressons pas au passé et aux idées de nos membres pour autant qu’ils partagent notre combat contre les mesures sanitaires actuelles " Et si des extrémistes se présentent ? "Peu importe, leurs idées ne nous intéressent pas, du moment qu’ils sont en phase avec notre programme ". Cette infiltration du mouvement par des militants extrémistes est pourtant une probabilité qu’il faut envisager. Pour Michael Dantinne, criminologue de l’ULiège "ces gens sont sans doute des citoyens de bonne foi, comme l’étaient la plupart des gilets jaunes, mais l’expérience montre que ce genre de mouvement finit souvent par attirer des contestataires professionnels, des complotistes, des extrémistes de tous poils ravis de rejoindre un groupe et prêts à l’influencer. On a vu ça dans d’autres pays et cela a d’ailleurs parfois conduit des mouvements à se scinder ou à se saborder." L’avenir dira si Folie Virus parviendra à éviter la contamination…

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