Après le loup, le lynx et le chacal doré pourraient se manifester dans nos contrées

Le lynx pourrait, dans un avenir proche, être aperçue et même s'installer en Belgique.
Le lynx pourrait, dans un avenir proche, être aperçue et même s'installer en Belgique. - © ANDREAS ARNOLD - AFP

Alors que le loup sauvage semble faire son retour dans nos régions, avec notamment la présence d'une louve constatée dans le Limbourg et quatre indices de présence non confirmée en Wallonie ces derniers mois, deux autres espèces, le lynx boréal et le chacal doré, pourraient dans un avenir proche être aperçues et même s'installer en Belgique.

Le lynx boréal est un félidé très discret et solitaire, grand prédateur de chevreuils qu'il chasse à l'affût. Des rumeurs de sa présence dans les forêts ardennaises sourdent de temps à autres depuis des années mais l'animal "est très difficile à repérer", explique Anne-Laure Geboes, coordinatrice du groupe de travail "Loups" de l'association Natagora. "Il est toujours possible que le lynx soit présent chez nous mais il n'y a eu aucun indice de sa présence ces deux, trois dernières années."

Deux individus mâles sont par contre présents dans les Vosges et sa trace a également été signalée dans la région de l'Eifel (ouest de l'Allemagne). Toujours en Allemagne, un projet de réintroduction du lynx existe dans le land de Rhénanie-Palatinat.

Le lynx pourrait un jour s'installer dans les forêts ardennaises, peuplées de chevreuils, sa proie favorite. "Mais c'est une espèce très menacée par les collisions sur route", poursuit Anne-Laure Geboes.

Quoiqu'il en soit, contrairement au loup qui peut parcourir de grandes distances, le lynx a plutôt "une progression en tache d'huile".

Le chacal doré est quant à lui un canidé opportuniste un peu plus grand que le renard roux, originaire des bords de la mer Noire. Depuis quelques temps, l'espèce augmente de façon naturelle son aire de distribution vers les pays d'Europe de l'Ouest, selon Natagora. Quelques individus "éclaireurs" ont ainsi déjà été observés en Suisse, en Allemagne, en France et même aux Pays-Bas. Sa présence n'a pas encore été observée en Belgique mais il n'est pas exclu de l'apercevoir à l'avenir. "C'est une espèce dont on ne connaît pas grand-chose, qu'on n'appréhende pas encore très bien", souligne Anne-Laure Geboes.

L'expansion du chacal doré serait due à une moindre prédation du loup dans ses contrées d'origine ainsi qu'aux changements climatiques. S'il devait s'installer sous nos latitudes, ce canidé ne signerait pas un retour mais deviendrait une nouvelle espèce de la faune présente en Belgique. "Un peu comme la tourterelle turque qui est arrivée en Belgique alors qu'elle n'avait jamais été présente chez nous", illustre Anne-Laure Geboes.

Contrairement au lynx, une présence du chacal doré pourrait être plus problématique pour les éleveurs d'ovins et de caprins, auxquels l'animal, à l'instar du loup, pourrait sporadiquement s'attaquer.

 

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