Après la soupe préparée par des bénévoles, les frigos solidaires dans le viseur de l'Afsca

Il y a quelques jours, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), interdisait la distribution de soupe maison dans une école à Clavier. Aujourd'hui, elle met son nez dans les frigos solidaires. Celui de Waterloo redistribue les invendus des magasins aux plus démunis. Mais 57 kilos de marchandises ont été saisis par l'Afsca parce que les dates de péremption étaient dépassées. 

"On a plusieurs enseignes de grandes et petites surfaces, de boulangeries, de produits bios... Une bonne quinzaine de magasins. On reçoit de la viande, de la volaille, des légumes, des gâteaux, de yogourts, des fruits, des biscuits, des corn flakes... Tout ce qu'on peut trouver dans un magasin traditionnel", énumère Marianne, l'une des bénévoles en charge du frigo solidaire de Waterloo.

Les invendus que les magasins donnent ont une date limite de consommation qui expire le jour-même, ce qui pose problème à l’AFSCA, l’Agence pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire. Car selon la législation, ces produits ne peuvent plus être ni vendus ni distribués.  Un "frigo solidaire" comme celui-ci doit respecter les mêmes règles que les banques alimentaires. 

"Il y a des principes à absolument respecter"

"Les banques alimentaires, les associations qui s’organisent avec les supermarchés, les traiteurs, boulangers... pour récolter et distribuer les invendus, ou pour placer ces denrées dans un frigo communautaire, doivent se faire connaitre auprès de l’AFSCA. Cet enregistrement est gratuit", fait savoir l'agence dans un communiqué. Et d'ajouter : "Il y a des principes à absolument respecter avec ces frigos : pas de périmés, pas de produits totalement inconnus, et également une communication à propos des allergènes."

Cette réglementation  complique et met en péril la mission de cette association auprès des plus démunis. "Si on reçoit une tarte aux pommes qui est datée de la date du jour et que le lendemain on veut la donner, en suivant les directives de l'Afsca, on est obligé de la mettre à la poubelle. Ça nous pose un réel problème de conscience en se disant : mais est-ce qu'on est obligé de jeter alors que plein de gens aimeraient manger cette tarte."

L’idéal, dit-on du côté du frigo solidaire de Waterloo, serait d’obtenir une dérogation pour distribuer les invendus. Ne serait-ce qu’une douzaine d’heures au-delà de la date limite de consommation.

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