Après 25 ans d'absence, ce papillon vole à nouveau sur la Belgique

Après 25 ans d’absence, le fadet de la mélique est de retour sur le sol belge. Prise en photo, l’espèce a rapidement été identifiée et l’information confirmée par des naturalistes, explique Natagora, asbl qui se consacre à la protection de la nature. Le papillon a été observé fin juin au sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Le fadet de la mélique (Coenonympha glycerion) est un petit papillon de jour de la famille des Nymphalidae. Il ressemble au fadet commun, une espèce que l’on retrouve dans de nombreux jardins chez nous. Au siècle dernier, il volait encore en Famenne, en Ardenne et en Lorraine avant de disparaître dans les années 1990. Les experts le considéraient alors comme une espèce éteinte chez nous.

Comment expliquer ce retour ?

Ce retour est donc une aubaine pour les amoureux de la biodiversité. La réapparition du fadet de la mélique s’explique par des milieux naturels plus favorables qu’il y a 25 ans. "Ils ont été restaurés et agrandis, explique Hubert Baltus, naturaliste chez Natagora. On a désormais des surfaces plus importantes et de meilleure qualité." Autre facteur : les chaleurs de ces dernières années sur le territoire. "Cette espèce a malheureusement profité de ce réchauffement climatique pour arriver chez nous", poursuit l’expert.

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Le retour du fadet de la mélique est fort probablement lié aux fortes chaleurs des dernières années. © Raphaël Lebrun

Pour l’instant, seul un individu a été observé en Belgique. Difficile de dire si ce papillon pourrait se réimplanter chez nous, mais un retour durable n’est pas impossible. "Ce papillon, non menacé à l’échelle de la France mais repris sur liste rouge dans plusieurs de ses régions, est présent à quelques dizaines de kilomètres seulement de notre frontière", avance Hubert Baltus. Les naturalistes sont pleins d’espoir. Deux autres papillons se sont réimplantés en Belgique après plusieurs dizaines d’années de disparition : l’hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus) en 2013 et l’azuré du trèfle (Cupido argiades) en 2008.

Ces prochaines années, les naturalistes garderont les yeux grands ouverts, surtout près des lisières forestières, des habitats qu’affectionne tant ce papillon.

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