Appel à de la main-d'œuvre belge pour le travail saisonnier : bonne ou mauvaise idée ?

Qui pour récolter les fraises cette année?
Qui pour récolter les fraises cette année? - © RTBF

Un secteur, parmi d’autres, touché par la crise du coronavirus en ce moment, c’est celui de la cueillette. Celle des fraises, par exemple, aurait dû démarrer. Mais habituellement, ce sont des saisonniers étrangers – souvent roumains – qui réalisent cette cueillette. Résultat : certains producteurs ont fait appel à de la main-d’œuvre belge. Mais ça n’est pas si simple. Explications.

Un salaire à un peu plus de 9 euros de l’heure

Ce qui coince dans ce domaine, ce sont les conditions de travail liées au statut de saisonnier. Il existe depuis longtemps et est évidemment réglementaire. Mais il va de pair avec un salaire limité, un peu plus de 9 euros brut de l’heure, et un nombre de jours prestés lui aussi limité.

Le gouvernement a donc doublé ce nombre de jours pour répondre à la détresse des producteurs. Sauf que, selon les syndicats, ça n’est pas la bonne stratégie à adopter. "Ce n’est pas une bonne chose parce que le travail saisonnier fonctionne par pics, au gré des récoltes", rappelle Alain Detemmerman, coprésident de la FGTB Horval (Horeca, voeding/alimentation). "S’il faut 20.000 personnes pour ramasser des pommes et des poires et qu’on n’en dispose que de 10.000, les fruits ne vont pas rester sur l’arbre deux semaines de plus pour terminer le travail".

Les syndicats planchent d’ailleurs sur des propositions pour répondre à la demande du secteur, tout en respectant les travailleurs. Ces propositions doivent être rendues ce jeudi fin de journée. C’est à présent à un ensemble d’experts de trancher, l' Economic Risk Management Group. Il le fera sans doute dans les prochains jours.


Les syndicats qui rappellent aussi que la main-d’œuvre belge reste évidemment une alternative. Mais qu’il faut garder à l’esprit que le statut de saisonnier est précaire. Certains allocataires sociaux sont payés plus que le salaire proposé par le secteur. Quant aux étudiants, ils ne sont pas en vacances mais ont des cours à suivre en vue des examens de juin prochain.