Apparition d'un nouveau variant en Inde : faut-il s'en inquiéter ?

Apparition d'un nouveau variant en Inde : faut-il s'en inquiéter ?
Apparition d'un nouveau variant en Inde : faut-il s'en inquiéter ? - © PUNIT PARANJPE - AFP

Après le Brésil, l'Inde est le pays qui enregistre le plus de nouveaux décès (1501 morts, contre 2929 au Brésil et 675 aux États-Unis), selon les derniers bilans de la pandémie de coronavirus dans le monde. Le pays vient d'ailleurs d'enregistrer une hausse quotidienne record de 261.500 nouveaux cas au cours de ces dernières 24 heures. 

Un suspect dans cette reprise de l'épidémie : le développement dans la population d'un variant "double mutant". D'après les informations que nous en avons, il serait plus contagieux et plus résistant aux vaccins. Mais rien n'est encore scientifiquement prouvé pour l'instant.


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Faut-il s'en inquiéter ? 

Quant à savoir s'il faut s'en inquiéter, pas vraiment. "Des nouveaux variant, il y en a partout !", affirme Sophie Lucas, immunologiste à l’Institut De Duve, institut de recherche biomédicale multidisciplinaire hébergeant plusieurs laboratoires de la faculté de médecine de l'UCLouvain.

L'apparition de ces variants, rappelle-t-elle, est une évolution logique dans une épidémie : "Tous les virus font des erreurs en se répliquant. C'est ce qu'on appelle des mutations. Certains plus que d'autres. Il y a des champions toutes catégories, comme le virus de la grippe ou le virus HIV. Et puis, il y en a d'autres comme le virus Sarv-COV 2 qui n'est pas un champion particulier, mais qui fait des erreurs comme tous les autres virus. Et donc, ces erreurs s'accumulent, ce sont des mutations. Généralement, elles n'ont aucune conséquence. Mais de temps en temps, elle confère au virus la capacité d'infecter plus facilement ou être plus contagieux, et dans ce cas-là, on les voit prendre progressivement le dessus sur les autres familles de virus présentes".

Limiter la circulation du virus pour limiter les mutations

D'où l'importance, pour elle, de limiter la circulation du virus : "Dès qu'un virus circule à haut niveau (comme c'est le cas en Inde et au Brésil notamment, ndlr), on va forcément voir apparaître des variants et c'est déjà arrivé un grand nombre de fois jusqu'à présent. Le premier virus, celui de Wuhan, n'est déjà pas le variant qui a donné la première vague de la pandémie, c'était déjà un autre variant à ce moment-là. Et puis, on a vu émerger de nouveaux variants en Angleterre, notamment, avant qu'ils ne déploient leur campagne de vaccination et ce sont les premiers à avoir signalé l'émergence de ce nouveau variant britannique qui, aujourd'hui, est devenu complètement dominant chez nous également".

En fermant les frontières ? 

Quant à savoir s'il faut fermer les frontières ou l'espace aérien avec les pays où la situation est problématique comme vient de le faire la France pour le Brésil, par exemple, elle en doute : "Les virus n'ont pas de frontière. Honnêtement, je ne sais pas quelle est la meilleure décision, je ne sais pas si le fait de fermer son espace aérien un moment va permettre d'éviter la propagation de ces variants. On a bien vu avec le variant britannique que cela n'avait pas été efficace. La seule solution, c'est la course à la vaccination. Mais les vaccins, pas seulement pour nous ! Les vaccins partout, pour tout le monde. Comme l'OMS le dit : 'Personne n'est protégé tant que tout le monde n'est pas protégé'".    

Des variants surveillés de près en Belgique

Pour l'instant en Belgique, aucun cas n'a été recensé. Quant aux variants brésilien et sud-africain, ils "stagnent", précise Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus : "Selon les semaines, le variant brésilien représente entre 3 et 5%, à peu près. A peu près au même niveau d'ailleurs que le variant sud-africain. On a l'impression que le variant anglais est tellement performant, si on peut dire, qu'il balaye pour l'instant ces deux autres variants"

Reste que tous ces variants sont surveillés de près. Des mesures sont à l'étude

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