Tweet ironique à Anvers: bâtiment évacué et unité spéciale déployée

Anvers: un bâtiment évacué et une arrestation suite à un tweet ironique
Anvers: un bâtiment évacué et une arrestation suite à un tweet ironique - © Tous droits réservés

Ce mercredi 30 septembre, en soirée, le bâtiment du siège d'ING à Anvers a été évacué à la requête de la section terrorisme de la police d'Anvers. Il n'y avait pourtant aucun autre danger pesant sur le bâtiment. Hormis celui d'abriter un amateur d'humour noir. Explications.

"Crier fort 'Allah u akbar', c'est pas un bon moyen de briser la glace je suppose?"

"Ok. je suis dans un événement de networking. Quelqu'un a un conseil pour nouer des contacts dans ce genre d'événement? Crier fort 'Allah u akbar', c'est pas un bon moyen de briser la glace je suppose?"

C'est sur ces bases qu'un étudiant de 22 ans lance ce qui était alors clairement une plaisanterie sur Twitter.

"Essaie un peu et on en aura le cœur net!", le met alors au défi un autre twitto de 23 ans. "Et demain dans le journal: 25 morts et 93 blessés suite à une hystérie de masse dans le bâtiment ING (où avait lieu l'événement, NDLR)", lui répond alors l'étudiant en question, Mohamed Ouaamari, qui ne manque visiblement pas de sens de l'ironie.

Unité spéciale d'intervention rapide et chiens pisteurs

Un humour cynique qui ne lui vaudra cependant pas seulement quelques réactions amusées sur le réseau social.

La police d'Anvers, elle, n'a pas ri. Bien au contraire. "Via la centrale, la police a reçu le signalement d'un tweet à caractère menaçant", a expliqué la porte-parole Veerle De Vries au Laatste Nieuws.

Les forces de sécurité de la ville portuaire ont immédiatement envoyé une unité dite de "réponse rapide" (une SRT, pour 'snelleresponseteam'), un nouveau type d'équipe d'intervention en fonction depuis le mois de septembre, explique De Morgen. Une équipe spécialement mise en place et formée pour intervenir d'urgence lors de "situations dangereuses", très sérieusement pour le coup.

C'est dans le cadre de l'intervention de cette unité spéciale qu'il a été procédé à l'évacuation du bâtiment mais également que Mohamed Ouaamari s'est vu arrêter vers 21h30. "Les chiens pisteurs ont également été envoyés sur place", a également déclaré la porte-parole.

Le smartphone du jeune homme a été confisqué pour être analysé et M. Ouaamari interrogé jusqu'au milieu de la nuit. 

L'avocat du blagueur malheureux, Ergun Top, parle d'une expérience hallucinante: "Durant tout cet épisode, nous pensions qu'il s'agissait d'une mise en scène pour une caméra cachée. Mon client a été très effrayé par la réaction disproportionnée de la police".

Ou comment une blague censée dénoncer les amalgames entre musulmans et terroristes a fini par en devenir une nouvelle illustration.  

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir