Antibiotiques dans la viande: trop de bactéries devenues résistantes?

Antibiotiques dans la viande - Le nombre de bactéries productrices d'ESBL est en baisse dans la volaille
Antibiotiques dans la viande - Le nombre de bactéries productrices d'ESBL est en baisse dans la volaille - © Belga

Test-Achats a analysé en laboratoire de la viande afin de détecter la présence de bactéries résistantes contre un grand nombre d'antibiotiques par la production d'une enzyme particulière, l'Extended Spectrum Beta Lactamase (ESBL). Ces tests montrent que "trop de viande contient ces bactéries productrices d'ESBL: 73% des poulets testés en contenaient, 16% des porcs et 8% des bœufs", explique Test-Achats.

"Il faut faire marche arrière et réduire durablement et drastiquement la consommation d'antibiotiques, tant en médecine humaine que vétérinaire, afin d'enrayer l'évolution de cette résistance."

Test-Achats a acheté, en avril et en août 2013, 105 filets de poulet, 38 pièces de porcs, et 38 de bœufs afin de détecter la présence d'ESBL. Les résultats de Test-Achats montrent une présence trop importante d'ESBL et confirment les analyses du Consumentenbond, organisme équivalent à Test-Achats aux Pays-Bas.

"Le fait qu'un grand pourcentage des filets de poulets contient des bactéries résistantes ne signifie pas que le consommateur sera infecté ou tombera malade en mangeant de la volaille", précise Test-Achats. "Si les règles fondamentales d'hygiène sont respectées, la viande peut être consommée en toute sécurité. En cuisant les aliments, toutes les bactéries seront détruites, y compris celles productrices d'ESBL."

Cependant, Test-Achats exige une diminution de l'administration, sur les animaux, d'antibiotiques utilisés en médecine humaine en tout dernier recours, ainsi qu'une diminution de l'utilisation d'antibiotiques de manière préventive. Enfin, l'organisme de défense des consommateurs préconise l'établissement de seuils d'utilisation d'antibiotiques par secteur, selon l'espèce animale exploitée.

L'AFSCA et l'ISP veulent rassurer

L'Agence alimentaire (AFSCA) et l'Institut scientifique de Santé publique (ISP) soulignent que, sur base de la méthodologie utilisée en Belgique pour détecter les bactéries E. coli productrices d'ESBL (bêta-lactamases à spectre élargi), le nombre de ces bactéries dans la volaille a diminué ces dernières années. "En 2011, le chiffre était de 77,5%, mais il avait déjà baissé à 53% en 2012. Pour l'année 2013 (à ce jour), nous sommes à 41%", indiquent-ils dans un communiqué.

La méthode utilisée par l'ISP se base sur le principe du comptage: "d'une part le nombre total de bactéries E. coli est déterminé et d'autre part la proportion d'E. coli productrices d'ESBL est déterminée pour ce groupe."

Cette méthode "a pour principal avantage de permettre d'établir une tendance claire de l'évolution de la proportion de bactéries productrices d'ESBL dans la viande de volaille".

L'ISP et l'ASCA font remarquer que l'association Test-Achats a, pour sa part, fait effectuer ses analyses par un laboratoire à l'étranger, qui utilise une "méthode d'enrichissement". "Cette méthode est utilisée pour détecter la moindre présence d'ESBL. Mais les résultats ainsi obtenus sont absolus et ne permettent pas d'indiquer une tendance", ajoutent-ils.

L'AFSCA et le SPF Santé publique, face à l'enjeu majeur que représente la problématique de la résistance aux antibiotiques, estiment dès lors qu'il est "important de fournir des informations fiables aux citoyens et d'accompagner correctement les agriculteurs."

Le Boerenbond veut réduire l'usage d'antibiotique

L'association flamande Boerenbond insiste pour réduire l'emploi des antibiotiques dans la viande d'élevage et appelle tous les acteurs du secteur à prendre leurs responsabilités.

Le Boerenbond reconnaît qu'il y a un problème et demande aux éleveurs de prendre des initiatives. Les antibiotiques sont utiles aux animaux, mais il faut en préserver l'usage raisonnable.

Jadis, les antibiotiques étaient ajoutés à la nourriture afin d'augmenter la production. Cette pratique est interdite dans l'Union européenne depuis des années mais il n'en est pas de même partout dans le monde, fait remarquer le Boerenbond.

Afin de contribuer à réduire l'usage d'antibiotiques chez les animaux, l'asbl AMCRA, centre de connaissance pour tout ce qui concerne l'utilisation et les résistances aux antibiotiques chez les animaux, a été créée il y a deux ans. L'enregistrement de l'usage par race animale et par producteur est de première importance, estime le Boerenbond. C'est à partir de là qu'on pourra confectionner des programmes d'action. A cet égard, l'usage d'antibiotiques primordiaux dans la médecine humaine devra être réduit au maximum en médecine vétérinaire.

D'après Belga

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