Anomalies dans les cuves: les riverains de Tihange sont confiants

Entre confiance et fatalisme

Francis Philippe habite à un kilomètre environs de la centrale nucléaire de Tihange. Dans le fond de son jardin, la vue sur les tours du site nucléaire est imprenable. Il faut dire que l'homme a travaillé là-bas pendant une trentaine d'années. Il était chef d'un laboratoire de chimie à Tihange 1. Cela fait plus de dix ans qu'il est à la retraite. Aujourd'hui, l'homme n'a aucune appréhension par rapport à ces anomalies découvertes dans la cuve de Tihange 2. "Je ne suis pas inquiet explique-t-il. Je sais que des gens plus compétents que moi, qui font partie de la centrale, s'occupent du problème. Des organismes extérieurs aussi. A mon avis, ils ne prendront aucun risque. Je pense qu'ils fermeront s'il faut fermer".

"Je suis uniquement informée par la presse"

Brigitte aussi habite à quelques centaines de mètre du site nucléaire. Elle n'y a jamais travaillé. "Les informations, je les reçois uniquement par la presse. Mais je n'ai pas d'inquiétude car je me dis que si c'était vraiment très inquiétant ils arrêteraient la centrale. Ils ne vont quand même pas prendre des risques trops élevés. J'ai confiance".

Nous avons poussé la porte de la boulangerie du quartier. Ici, les clients se succèdent, mais les problèmes de la centrale nucléaire ne sont pas des sujets de conversation. "Les clients n'en parlent pas explique France Donfut, la boulangère. Parfois nous en parlons avec certains agents de la centrale, ceux qui viennent pour les révisions. Ils nous disent qu'il ne faut pas s'inquiéter parce qu'avant que les centrales belges n'aient un problème, les centrales étrangères seraient plus endommagées que les nôtres".

"Les travailleurs ? Inquiets pour leur emploi"

La centrale nucléaire de Tihange est un pourvoyeur d'emplois très important dans la région. Dans les quartiers qui entourent le site tout le monde travaille, a travaillé ou connait quelqu'un qui est employé là-bas. D'après Jean-Marc Pirotton, délégué syndical Gazelco (FGTB) "Les travailleurs sont les premiers concernés si jamais il y avait un problème et, d'une manière globale, ils ne sont pas inquiets au niveau de la sécurité. S'il y avait le moindre danger pour les travailleurs ou pour la population, il y a longtemps que nous aurions alerté les autorités".

Reste que tous les éléments ne sont pas encore connus. Jean-Marc Pirotton le précise, certaines questions restent bien sans réponses. "Il faut savoir si les défauts dus à l'hydrogène ont évolué dans le temps ou non. C'est une réponse que vont nous apporter les spécialistes internationaux. Ils doivent rendre un rapport à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) qui prendra une décision. Pour l'instant, nous n'avons aucune réponse et les travailleurs sont inquiets pour leur emploi. Qu'adviendra-t-il si jamais les autorités ne donnent pas le feu vert pour un redémarrage ?"

Eric Destiné

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