Attentat du Musée juif: "Je suis une maman à qui on a coupé les ailes", déclare Annie Adam

Les témoignages des victimes de l'attentat du Musée Juif
Les témoignages des victimes de l'attentat du Musée Juif - © IGOR PREYS - BELGA

Ce vendredi matin, la parole était aux parties civiles. Annie Adam, la maman d’Alexandre Strens, est venue parler de son fils, décédé à 26 ans. Philippe Blondin, le président du Musée, a évoqué la personnalité de Dominique Sabrier. Clara Billeke Villa Lobos, quant à elle, s’est rappelée cette journée qui a changé sa vie, elle qui visitait le Musée le jour de l’attentat.

Annie Adam commence son intervention avec cette phrase, très émue : "Je suis une maman à qui on a coupé les ailes". Elle décrit ensuite son fils comme un jeune homme courageux et travailleur, qui aimait les gens. Elle se souvient des nombreux voyages qu’ils ont fait ensemble au Maroc, son pays d’origine.

On trouvera celui qui a fait ça, la justice est avec toi

Le 24 mai 2014, elle devait manger avec son fils. "Il n’est jamais rentré à la maison" constate-elle.

La présidente de la Cour d’Assises de Bruxelles demande alors à Annie Adam de raconter son arrivée à l’hôpital. La douleur est perceptible dans sa voix lorsqu’elle se rappelle comment elle a été accueillie par un médecin : "Alors on débranche ? Avec un demi kilo de cervelle qui est tombé…".


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Au chevet de son fils, le chirurgien en charge de l’opération lui dira, avec plus de tact, qu’elle peut parler à son fils même s’il est dans le coma. Elle lui dira ces mots : "Ta petite princesse te passe le bonjour [NDLR : sa nièce]. On trouvera celui qui a fait ça, la justice est avec toi".

Elle conclut son intervention par cette phrase : "Ce que je veux, c'est que justice soit faite pour Alexandre. J'ai confiance en la justice".

"Ma vie est chamboulée, suspendue"

On passe ensuite à l’audition de Clara Billeke Villa Lobos. L’artiste de 81 ans visitait le Musée avec une amie le jour de l’attentat. Elle explique : "Ma vie est chamboulée, elle s'est arrêtée sur quelque chose que je n'aime pas du tout, un appel à la violence. Je suis dans un état de sidération. Ma vie est suspendue".

Clara Billeke Villa Lobos est suivie par un psychologue depuis le 24 mai 2014. Elle a ce qu’on appelle un choc post-traumatique. "On aurait aussi pu glisser dans l'horreur. Ça s'est joué à rien du tout" frissonne-t-elle. Et de conclure : "C'était tellement affreux qu'on ne peut pas arrêter de réfléchir à ça. C'est le résultat d'un monstre affreux, ignoble".

"Aucun moment d'émotion ou de compassion"

 C’est ensuite au tour de Philippe Blondin de venir à la barre. Il est le président du Musée Juif de Belgique depuis 2012. Il revient sur le caractère de Dominique Sabrier, la bénévole de l’accueil. "Une femme raffinée, élégante, intelligente et cultivée".

Le président du Musée explique aussi qu’avant l’attentat du 24 mai 2014, son Musée n’a jamais fait l’objet de menace, "pas même un graffiti sur le mur".

Philippe Blondin termine son intervention par une observation. "Dans ce prétoire, à aucun moment, on n'a été évoqué le nom des victimes de cet attentat. À aucun moment, il n'y a eu un moment d'émotion ou de compassion. Jusqu'à ce matin, je trouvais cela infiniment regrettable". La président l’interrompt alors, lui expliquant qu’il s’agit des règles de procédure.

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