Annemie Schaus, nouvelle rectrice de l'ULB : "L'ascenseur social est grippé", faute de moyens pour les universités

Annemie Schaus, juriste et ancienne doyenne de la faculté de droit de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), a été élue ce mardi rectrice de l’université bruxelloise. Elle est la deuxième femme à prendre la tête de l'institution. Avant elle, l’économiste Françoise Thys-Clément avait déjà occupé ce poste en 1990. "J’ai été élue sur mon programme plus que sur le fait que je sois une femme", tempère Annemie Schaus au micro de Matin Première ce mercredi.

Celle qui était opposée à trois hommes dans ce scrutin reconnait malgré tout que "le fait que je sois une femme est un symbole important pour Bruxelles".

La juriste met aussi en avant son parcours. "J’ai pu bénéficier de l’ascenseur social que constituent l’éducation et l’enseignement à l’université", souligne-t-elle. Cet ascenseur social est "grippé", faute de moyens suffisants.

Elle poursuit : "Le manque de moyens de la justice, de l’université ou de la santé pose un problème démocratique. Ce sont trois services absolument essentiels."

Allongement des études et précarisation des étudiants

Dans ce contexte, la nouvelle rectrice appelle à un refinancement des universités qui pourrait passer par une défiscalisation des moyens alloués à la recherche. Selon elle, le sous-financement des universités, la surcharge de travail et l’augmentation du nombre d’étudiants sont autant de facteurs qui compliquent le travail des professeurs. Même si ceux-ci font preuve d'"énormément d’enthousiasme" et restent "motivés et fiers de leur métier".

Pour les étudiants aussi, la donne se complique. Depuis la mise en place du décret paysage en 2014, certains étudiants ont vu leur parcours universitaire s’allonger. De quoi faire grimper en flèche le coût global de la formation. "L’allongement des études est néfaste pour tout le monde", affirme Annemie Schaus. Elle estime qu'"il faut améliorer le soutien aux étudiants. Le décret a provoqué un allongement des études et une précarisation des étudiants".


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L’enjeu dépasse les frontières du monde universitaire, à l’heure où des discours antiscience et complotistes trouvent un écho sur la place publique. "Tout le monde aura compris que la recherche fondamentale, même dans des domaines qui ne sont pas à la mode doit être soutenue tant et plus", ajoute Annemie Schaus.

Par ailleurs, "il faut renforcer l’éducation, l’enseignement, la culture générale. L’enseignement universitaire est important pour lutter contre les fake news".

Elle n'est plus l'avocate de Julian Assange

Annemie Schaus était aussi l’une des avocates de Julian Assange. Le fondateur de Wikileaks risque d’être extradé vers les Etats-Unis où il risque une peine de 175 ans de prison. Pour mieux se consacrer à sa nouvelle mission à la tête de l’ULB, la nouvelle rectrice annonce qu’elle ne fera plus partie de l’équipe de défense de Julian Assange.

Mais, conclut-elle, "le combat derrière ça, c’est un combat pour la liberté d’expression, un combat pour la protection du journalisme. Julian Assange est un journaliste, Wikileaks est un éditeur. L’enjeu est fondamental pour la démocratie".


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