"Anger room": comment tout casser m'a soulagée

Tout y est passé ! Bouteilles en verre, claviers d'ordinateurs, vaisselle, table,... En une heure, j'avais réduit tout cela en un nombre incalculable de débris éparpillés sur le sol. Mon sentiment? Un soulagement!  Soulagée d'entendre le verre voler en éclats et de voir les objets se déformer sous mes coups ! Et l'envie y était... En manque de sommeil, soumise à trop de pression et habitée d'une envie de tout casser. Bref, tous les éléments étaient réunis pour que je teste une "anger room".

Un phénomène qui vient de loin

Le concept des "anger rooms" (ou "rage rooms") vient du Japon mais s'est popularisé dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis, et il arrive peu à peu en Europe. En novembre dernier, la première "anger room" de Belgique a ouvert ses portes à Bruges.

C'est après une journée difficile que Michaël Bernaert, le gérant, a décidé d'importer le concept chez nous : "Avant, j'étais employé dans une entreprise. Il y a eu un moment où ça allait un peu mal, comme les jours où on se dit qu'on préférerait rester dans son lit. A peu près au même moment, j'avais vu un documentaire qui parlait de la rage room à Toronto. Et je me suis dit qu'il faudrait peut-être avoir ça ici en Belgique". En récupérant des objets destinés à la décharge, il aménage son anger room pour chacun de ses clients.

Sur une musique qui peut aller du hard metal à la musique de chambre, vous pouvez démolir en toute impunité. Pour un tarif de base à 30€, vous avez une heure pour vous en donner à cœur joie. Michaël Bernaert voit ses clients ressortir fatigués, mais avec le sourire. 

 

Un bon moyen pour gérer sa colère ?

Les rage rooms se présentent comme étant une alternative pour déstresser et se défouler. Mais est-ce vraiment utile ? Selon Claudia Quintans, psychologue spécialisée en gestion des émotions, même si le défoulement peut faire du bien, il vaut mieux privilégier la communication.

Selon elle, les anger rooms représentent seulement "une partie du processus de la gestion de la colère, c'est-à-dire la décharge motrice". "La gestion de la colère doit tenir compte d'autres choses aussi. C'est en fait en mettant des mots sur l'émotion que la personne va être capable de gérer cette émotion".

D'autres solutions sont mises en avant par la psychologue, comme faire du sport ou de la méditation. Si les anger rooms ont un côté plutôt drôle et ludique, leur bienfait thérapeutique doit encore être prouvé.

 

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