Analyses sous haute sécurité pour diagnostiquer la peste porcine

Le laboratoire de référence est situé à Uccle
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Le laboratoire de référence est situé à Uccle - © RTBF

C'est à Uccle, dans les laboratoires haute sécurité de Sciensano de l'Institut de santé publique, que la peste porcine africaine a été diagnostiquée. Sur place, un impressionnant bâtiment classé niveau 3 de biosécurité a accueilli les analyses pour éviter toute dispersion de ce virus extrêmement contagieux.

Une boîte dans la boîte

"Le principe, c'est une boîte dans la boîte, explique le docteur Thierry Van Den Berg, directeur scientifique pour les maladies animales infectieuses. Un deuxième bâtiment est vraiment installé dans le premier et séparé d’un couloir de sécurité. À l’intérieur, la pression est légèrement négative. De cette façon, si par malheur une fuite devait se produire, il y a aurait alors une aspiration à l’intérieur de la zone. A côté de cela, les gens doivent se changer. Ils portent des vêtements qu’ils ne portent qu'à l'intérieur et qu'ils laisseront dans la zone en fin de journée. Ils prendront une douche avant de quitter la zone".

Des mesures drastiques qui permettent d'éviter tout risque de transmission. C'est notamment dans ce laboratoire qu'on diagnostique une série de maladies très contagieuses des animaux comme la grippe aviaire ou la fièvre aphteuse. En Belgique, il s'agit en fait du seul laboratoire habilité à le faire, le laboratoire de référence.

Analyse de prélèvements faits à l'ULg

Les sangliers repérés par des agents de la DNF en province du Luxembourg ont d'abord été envoyés à la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Liège. Pendant l'autopsie, des lésions typiques de la peste porcine africaine sont apparues. Il s'agissait de petites hémorragies sur de nombreux organes, en particulier la rate, les amygdales et les reins. L'ULg a alors transmis des prélèvements au laboratoire d'Uccle dès mercredi matin.

Assez rapidement, les laborantins de Sciensano ont obtenu des réactions fortement positives au virus en réalisant un test officiel européen pour lequel ils sont formés. "Ce sont des tests génétiques, moléculaires, précise Dr. Thierry Van Den Berg. On utilise des séquences de l’ADN de ce virus qu’on va amplifier par des réactions qu’on appelle de la PCR. Cela permet d’avoir un signal sur une machine. S’il y a présence de ce virus, il va y avoir amplification du signal qui va permettre de poser le diagnostic".

Un diagnostic posé dès le mercredi après-midi et confirmé jeudi matin par des tests supplémentaires. Le tout dans le plus strict respect des normes de sécurité, pour éviter toute transmission du virus très résistant dans le milieu extérieur.

Ci-dessous, visitez le laboratoire avec le reportage de Miguel Allo.

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