Amnesty appelle la Roumanie à mettre fin aux "expulsions forcées" de Roms

"Les lacunes de la loi permettent aux autorités locales, sous prétexte de 'rénovation et aménagement des centres urbains', de chasser des communautés roms entières établies de longue date et de les transférer dans des logements inappropriés, hors de la vue du reste de la population", dénonce l'ONG dans un rapport évoquant des cas de relogements controversés dans trois villes, Cluj (nord-ouest), Baia Mare (nord) et Piatra Neamt (nord-est).

"Le gouvernement roumain doit agir de toute urgence pour mettre un terme à ces violations du droit à un logement convenable (...) et faire cesser les expulsions forcées", poursuit l'ONG.

La Roumanie compte la plus importante minorité rom d'Europe: 619.000 personnes, selon le recensement de 2011, environ 2 millions, selon les ONG.

Tenus en esclavage jusqu'à la fin du XIXe siècle, les Roumains roms sont encore soumis à des discriminations et vivent souvent dans la pauvreté même si des progrès ont été enregistrés dans leur insertion ces dernières années, soulignait un récent rapport de l'ONG de défense des Roms, Impreuna.

Amnesty International s'est concentré sur la question du logement, en traitant trois cas qui ont créé la polémique ces dernières années.

L'ONG dénonce ainsi l'expulsion en 2010 de centaines de Roms d'une rue de Cluj vers une zone industrielle périphérique, tout proche d'une immense décharge, dans des logements "trop exigus" et "dépourvus de sanitaires dignes de ce nom".

Elle critique également le cas de Baia Mare dans le nord du pays. En 2012, le maire Catalin Chereches a voulu reloger dans l'enceinte d'un ancien combinat chimique un millier de Roms vivant dans des maisons en torchis dans le quartier de Craica.

Le Conseil de l'Europe et de nombreuses ONG avaient dénoncé cette opération.

Plusieurs habitants s'opposaient à ce relogement, avait constaté une journaliste de l'AFP alors que des excavateurs détruisaient une partie des maisons de fortune de Craica.

D'autres en revanche avaient accepté de déménager vers des immeubles de bureau réaménagés sur le site de l'ancienne usine chimique, même s'ils ne comptaient qu'une seule toilette par étage. La mairie avait alors parlé d'une solution provisoire en évoquant la construction future de logements sociaux.

Amnesty dénonce le fait que la mairie n'a pas tenu ses promesses.

 

 

 

 

 

 

 

 


Belga

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