Aménagements raisonnables dans le secondaire : obligatoires dès la rentrée 2018

Aménagements raisonnables dans l'enseignement : obligatoires dans le secondaire dès la rentrée 2018
Aménagements raisonnables dans l'enseignement : obligatoires dans le secondaire dès la rentrée 2018 - © Tous droits réservés

A partir la rentrée 2018, en septembre prochain, les écoles devront mettre en œuvre des "aménagements raisonnables" pour les élèves à besoins spécifiques inscrits dans l'enseignement fondamental ou secondaire ordinaire. C'est en tout cas ce que prévoit un nouveau décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et le ministère de l'enseignement a déjà prévu des "kits" d'information et d'outils didactiques à destination des enseignants. Si les parents en font la demande, les enseignants devront en effet adapter leurs cours : "Tout parent, à partir du moment où il y a un diagnostic qui est posé par des spécialistes, pourra alors interpeller la direction de l'école et si jamais cela met trop de temps ou s'il y a certaines réticences, ils peuvent me solliciter pour que je mette cela en place" nous explique Carole Dewintere du Pôle aménagements raisonnables intégration (Pira) d'Ath. Mais alors qui peut prétendre à ces aménagements ? Tous les enfants souffrant de troubles de l'apprentissage tels que les dyslexiques et autres dys- (dyspraxiques, dyscalculiques, etc.), les élèves présentant des troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité, les élèves à hauts potentiels, les autistes (Asperger), mais aussi les élèves présentant un handicap physique, mental ou sensoriel, ou encore tous les bénéficiaires d'un dispositif d'intégration dans l'enseignement ordinaire en collaboration avec l'enseignement spécialisé.

Qu'est-ce qu'un aménagement "raisonnable" ?

Les aménagements pourront être de nature physique (pour un meilleur accès aux locaux de cours par exemple) ou pédagogique. Le décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne donne pas de définition claire et ceux-ci devront chaque fois faire l'objet d'une concertation entre les acteurs concernés : les parents, la direction de l'école, le Pira, etc. Pour savoir à quoi pourrait ressembler concrètement ce type d'aménagements, nous avons été voir du côté du Collège Visitation - La Berlière, à Lessines. Cette école se veut à la pointe en matière d'accueil des élèves ayant des troubles de l'apprentissage et ses professeurs sont vivement encouragés à adapter leurs cours en fonction des particularités de chaque enfant. C'est notamment le cas de Corly Rassalle, la professeure de Français et Religion catholique de l'établissement, qui distribue des copies différentes à ses élèves dyslexiques : "On a employé une police de caractère différente et on l'a agrandie, on a également aéré les phrases" précise-t-elle. "Les aménagements raisonnables peuvent être des choses très simples, faciles à mettre en place, comme écrire avec une craie jaune plutôt qu'une craie blanche au tableau, ce qui aide beaucoup certains enfants" complète Manon Simon, une enseignante qui accompagne en cours les élèves souffrant de troubles de l'apprentissage. Pour Corly Rassalle, l'aide de Manon est évidemment la bienvenue mais elle sait que ce type d'accompagnement ne pourra pas être mis en place partout : "Ces aménagements demandent chaque fois du travail, quand je pense à mes collègues qui ont des classes de 25 ou 30 élèves à gérer seuls, je me dis que ce sera plus compliqué pour eux bien sûr". C'est pourquoi, même contraints par une demande de parents ayant la preuve que leur enfant souffre d'un trouble particulier, les enseignants bénéficieront toujours d'un laps de temps pour adapter leurs cours.

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