Améliorer son orthographe grâce au smartphone? C'est possible!

Des applications permettent d'améliorer son orthographe sur un smartphone
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Des applications permettent d'améliorer son orthographe sur un smartphone - © Charlz Gutierrez de Pineres

En cette semaine de carnaval, c’est peut-être l’occasion de faire quelques révisions. De plus en plus d’applications permettent aujourd’hui d’améliorer son orthographe directement via son smartphone. Parmi elles, « Orthographe projet Voltaire » fait beaucoup parler d’elle en France où 5 millions d’utilisateurs l’ont déjà installée.

Identifier les erreurs

L’application, assez simple, propose différents niveaux d’apprentissage correspondant aux niveaux de l’enseignement français partant du CE1 (cours élémentaire 1, l’équivalent de la 2e primaire chez nous) jusqu’à « l’excellence » destinée aux professionnels de l’écrit et aux passionnés.

Le principe est presque toujours le même, l’application propose des phrases comprenant des erreurs que l’utilisateur doit identifier. Après correction, on vous rappelle la règle à appliquer. Et si vous vous trompez, l’exercice se répète plusieurs fois jusqu’à ce que la règle soit bien assimilée.

Une méthode intéressante

Cette méthode est un vieux principe appelé « cacographie » et a beaucoup été utilisée à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Alain Braun, professeur à l’UMons à la faculté de psychologie et sciences de l’éducation, rappelle que la méthode fut ensuite fortement critiquée, un peu à tort selon lui.

« Exposer les gens à des graphies incorrectes les amène à devoir les identifier. Tant qu’on n’identifie pas les erreurs, on peut difficilement les éviter à l’écrit. Sur cet aspect-là, c’est donc très intéressant », précise ce spécialiste en sciences du langage.

Petit bémol pour lui cependant, l’application ne présente qu’une succession de phrases courtes. Or, « une phrase après l’autre ne donne pas l’impression de textualité. La complexité dans la gestion orthographique relève surtout de la gestion d’un texte et pas juste d’une phrase ». Pour lui, un exercice qu’on ne fait plus assez est de soumettre un texte aux élèves en leur demandant de repérer les dix erreurs qui y seraient cachées.

Initiative à encourager

En France, le Projet Voltaire est utilisé par 4000 établissements scolaires. Chez nous, alors que de nombreux élèves se retrouvent à devoir combler des heures blanches pour cause de pénurie d’enseignants ou de problèmes de grille horaire, Alain Braun pense que ce type d’application peut être très utile pour les occuper de façon ludique.

« C’est une initiative à saluer, à encourager, même. Se centrer sur la détection d’erreurs et chaque fois rappeler en quoi consiste l’erreur et la règle qui permet de la résoudre, ce n’est pas une mauvaise idée », insiste-t-il.

À quand une application belge et gratuite?

Mais l’application, développée par une société privée, devient parfois payante. Comptez 6,99 € pour débloquer certains niveaux. Pour Alain Braun, il serait utile de développer un système similaire au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin qu’il soit mis gratuitement à la disposition des élèves.

Il faut dire qu’une telle application présente d’autres avantages. « Je pense qu’aujourd’hui l’école pourrait se permettre de réfléchir à la production d’outils qui permettrait de différencier l’enseignement, de répondre aux besoins particuliers des uns et des autres, parce que c’est ça aussi l’intérêt de l’application. Quelque part elle est intelligente, elle identifie le profil de celui qui répond aux questions et puis adapte le questionnement à ses propres difficultés. Et je pense qu’on pourrait tout à fait développer ça en interne à la Fédération Wallonie-Bruxelles et pouvoir offrir ça de manière gratuite à tous les apprenants, ce serait absolument formidable », conclut-il.

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