Amaya Coppens belgo-nicaraguayenne, toujours incarcérée pour terrorisme: "Des accusations absurdes"

Amaya Coppens
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Amaya Coppens - © @Tous droits réservés

L’étudiante belgo-nicaragueyenne Amaya Coppens est toujours emprisonnée au Nicaragua. Elle figure parmi plus de 500 activistes arrêtés durant la répression des manifestations depuis le mois d’avril. Le président Daniel Ortega et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, ont réduit leurs opposants au silence. Outre ces prisonniers politiques, la répression a aussi causé la mort de plus de 300 manifestants, pour la plupart des jeunes.

Amaya Coppens, 24 ans, était une des leaders du mouvement étudiant dans la ville de Léon. Arrêtée le 10 septembre, elle est aujourd’hui accusée de terrorisme par la justice nicaraguayenne … Son procès devrait s’ouvrir à Managua, la capitale du Nicaragua, le 10 décembre.

En reportage au Nicaragua, notre correspondante Emmanuelle Steels a rencontré les parents d’Amaya et son avocat, Maynor Curtis, qui explique le caractère politique de ces accusations. D’après lui, son cas est emblématique de la criminalisation des étudiants qui ont dirigé la révolte d’avril contre le président Daniel Ortega: "Il n’y a aucune base légale pour parler de terrorisme : les éléments décrits dans le code pénal pour définir le terrorisme ne se retrouvent pas dans la description des accusations contre Amaya. Ils ne peuvent pas démontrer qu’elle est une terroriste car il n’y a aucun lien avec un groupe terroriste".

Amaya pourrait être l’une des premières cibles de la nouvelle loi sur le terrorisme qu’a fait passer le régime de Daniel Ortega. Les barrages dressés par les étudiants dans les rues du pays sont qualifiés d’actes terroristes. D’après son avocat, les autorités se serviront du cas d’Amaya pour envoyer un message aux jeunes: "Étant donné qu’Amaya est une figure reconnue en tant que leader étudiante, je crois qu’ils vont lui imposer des peines plus lourdes qu’aux autres prisonniers qui ont joué un rôle moins visible".

Amaya Coppens a été arrêtée sans mandat d’arrêt, par des policiers et des paramilitaires. Séquestrée, selon ses proches, et selon le CENIDH, une organisation de défense des droits de l’homme. "La situation provoquée par le gouvernement est complètement aberrante, explique Braulio Abarca. Amaya est est une étudiante en médecine, elle se distingue pour être une élève brillante, et elle doit affronter des accusations absurdes! Et c’est le cas de tous les manifestants, qui sont traités comme des terroristes, commes des putschistes et comme des assassins".

Dans ce monde à l’envers, les parents d’Amaya Coppens se battent pour dénoncer le sort de leur fille et de ses co-détenues, les prisonnières politiques empêchées depuis plusieurs semaines de quitter leur cellule. Face à la prison de la Esperanza, près de Managua, Frédéric Coppens se souvient du jour où il a essayé de convaincre sa fille de se réfugier en Belgique.

"La veille du jour où elle a été arrêtée, j’ai communiqué avec elle… Là on savait qu’elle était recherchée activement. Je lui ai dit : “tu t’en vas”. On a échangé quelques messages là-dessus, moi j’ai insisté, elle m’a dit : “non il n’en est pas question”. Et finalement elle m’a raccroché le téléphone au nez. Elle m’a coupé le téléphone… elle ne voulait pas partir".

Partir, s’exiler, cela signifiait abandonner la lutte et les autres étudiants, une décision à laquelle Amaya Coppens ne voulait pas se résoudre...

Archive : JT 11/09/2018

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