Allergies : l'ambroisie, une plante au pollen très nocif, s'installe peu à peu en Belgique

Les graines de l'ambroisie peuvent vivre jusqu'à 50 ans
4 images
Les graines de l'ambroisie peuvent vivre jusqu'à 50 ans - © Tous droits réservés

Les alertes au pollen d’ambroisie sont encore en cours en France, à la mi-septembre. Particulièrement présente dans le sud-ouest de la France, cette mauvaise herbe très allergisante, se développe à toute vitesse en Europe. Chez nous, la plante est encore assez rare. Mais si les températures continuent d’augmenter à l’avenir, l’ambroisie pourrait s’installer chez nous… avec des conséquences sur la santé des Belges.

 

Une plante nocive et coriace

De l’ambroisie, on en trouve des petites parcelles en Belgique, souvent près de terrains agricoles, ou de poulaillers. C’est le cas en plein milieu du Parc Josaphat, à Schaerbeek. Juste en face d’un enclos dédié aux poules, de l’autre côté du sentier, quelques mètres carrés d’ambroisie se dressent sans susciter d’inquiétude. "Ça, c’est une toute petite parcelle", rassure Arnaud Monty, chargé de cours au "Gembloux Agro-Bio Tech", à l’université de Liège. "Ce n’est rien comparé à ce que l’on trouve en France. Là-bas, il y a des champs entiers ravagés par l’ambroisie. Et son pollen est très allergisant, qui provoque des conjonctivites, de l’asthme, de l’urticaire… ", ajoute-t-il.

L’ambroisie est une plante américaine, introduite par erreur via les semences agricoles et la nourriture pour oiseaux. "Cette espèce s’est installée plutôt dans le sud de l’Europe, mais on voit qu’elle est en train de remonter vers le nord", explique Arnaud Monty. "Ici par exemple au parc, on est en face d’un poulailler, donc il est possible que les graines des poules soient contaminées et que via l’eau de pluie qui ruisselle, les graines se soient développées en contrebas du sentier".

Des graines très coriaces, puisqu’elles peuvent survivre pendant 50 ans. "C’est pour ça qu’il est important d’arracher l’ambroisie dès qu’on la localise. Sinon, elle peut très vite se propager et perdurer dans le temps".

 

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour le Service public de Wallonie, il n’est pas question d’attendre que l’ambroisie se propage pour agir. "Dès le mois d’octobre, nous allons mettre en place un observatoire de l’ambroisie", explique Etienne Branquart, coordinateur à la cellule "Espèces invasives" du Service Public de Wallonie. "Il servira à répertorier tous les endroits où l’ambroisie est observée. Toute personne qui en repère peut nous le communiquer. Dès qu’on sait avec précision où se développe l’ambroisie, on peut la détruire pour l’empêcher de s’étendre. L’ambroisie, c’est une vraie source d’inquiétude. Si on n’agit pas, elle pourrait poser de gros problèmes de santé publique, et cela engendrerait aussi des coûts énormes. En région Rhône-Alpes par exemple, cela coûte 40 millions d’euros par an."

Comment la reconnaître ?

Les feuilles sont très découpées et ne dégagent pas d’odeur. C’est une plante qui ressemble à première vue à l’armoise. "Mais si vous regardez de plus près, vous verrez que l’ambroisie possède des feuilles vertes des deux côtés. Alors que pour l’armoise, l’autre côté de la feuille est blanchâtre", précise Arnaud Monty.

La tige est poilue, solide et fortement ramifiée d’une hauteur de 70 cm en moyenne. Les fleurs sont petites et vertes, et groupées dans un long épi reconnaissable.

Si vous en voyez, signalez tout d’abord sa localisation sur biodiversité.wallonie.be. Ensuite, si la parcelle est petite, arrachez manuellement les plantes, idéalement avant la floraison et la production de graines. Mieux vaut s’équiper de gants et d’un masque, voire une combinaison si c’est la période de la floraison, c’est-à-dire aux environs d’août-septembre.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK