Allemagne : des signes de réveil observés dans un ancien volcan de l'Eifel, près de la Belgique

L’Eifel est une région vallonnée située dans l’ouest de l’Allemagne, au sud de la ville de Cologne, à proximité des frontières avec la Belgique et le Luxembourg. Certaines de ces collines sont d’anciens volcans en sommeil depuis des milliers d’années. Selon le Geophysical Journal International, des chercheurs ont récemment observé des indices d’activité volcanique. L’Eifel serait en train de s’élever d’un millimètre par an.

La plus récente éruption dans l’Eifel s’est produite il y a plus de 11.000 ans. Mais des géologues ont pu observer des dégagements de fumées et des mini-séismes sous le lac de Laach, qui est dans un cratère volcanique, dans la commune de Glees, à 80 km de la frontière belge.

Corné Kreemer, un des auteurs de l’étude, fait remarquer dans Newsweek que, dans le nord-ouest de l’Europe, "aucune région ne présente un tel niveau d’élévation verticale". Un réseau de plusieurs milliers de stations GPS mesure les mouvements de terrain à travers toute l’Europe. Cela a permis de déterminer une zone où l’élévation était beaucoup plus rapide, et ou cela s’accompagnait d’une extension verticale. Le centre de cette zone est dans le massif de l’Eifel, et elle couvre le sud des Pays-Bas, l’est de la Belgique et le Luxembourg.

Les chercheurs émettent l’hypothèse de l’existence d’un "panache" de roches plus chaudes qui monte vers la surface de la Terre. Ce panache expliquerait les mouvements observés. Pour Corné Kreemer, il s’agit bien d’un phénomène volcanique. Et il va même plus loin : il estime qu’il faut s’attendre à une "activité future". Mais il tempère : tout cela ne veut pas dire qu’un tremblement de Terre ou qu’une éruption volcanique soit imminentes. "Bien sûr, si quelque chose devait se passer dans une zone aussi densément peuplée, cela pourrait être catastrophique", conclut-il dans Newsweek.

Pas d’inquiétude

Si ces mesures sont sérieuses, il faut toutefois rester prudent sur leur interprétation affirme Michel Van Camp, le chef du service de sismologie de l’Observatoire royal de Belgique : "C’est toujours le problème, c’est que les mesures vraiment sérieuses au niveau sismique remontent à vingt ans. Les mesures qui viennent d’être publiées sur les déformations du sol, c’est un instantané des quinze dernières années. C’est très court. Les processus géologiques s’étendent sur des milliers, voire des dizaines de milliers d’années. C’est un peu comme si vous essayez de déduire la température en Belgique toute l’année avec une seule mesure aujourd’hui", explique-t-il.

Face à ces mesures, il ne se montre donc pas particulièrement inquiet, mais il prévient : "Il ne faut pas s’inquiéter au sens de semer la panique et évacuer Coblence. Par contre, je pense qu’il est du devoir des gouvernements, et particulièrement du gouvernement allemand, de débloquer des moyens – et ils sont en train de le faire - pour vraiment aller étudier de manière beaucoup plus fine ce qui se passe dans l’Eifel, qui reste finalement une terra incognita", affirme-t-il encore.

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