Allemagne: une chaîne humaine contre l'extension des mines de charbon

7500 personnes venues de toute l'Europe forment une chaîne humaine pour protester contre l'extension de mines de charbon à ciel ouvert le 23 août 2014 à Gross Gastrose, à la frontière germano-polonaise
7500 personnes venues de toute l'Europe forment une chaîne humaine pour protester contre l'extension de mines de charbon à ciel ouvert le 23 août 2014 à Gross Gastrose, à la frontière germano-polonaise - © Patrick Pleul

Environ 7500 personnes venues de toute l'Europe ont formé samedi une chaîne humaine à la frontière germano-polonaise pour protester contre l'extension prévue de plusieurs mines de charbon à ciel ouvert, ont annoncé les organisateurs. Après avoir fait l'impasse sur le nucléaire, l'Allemagne éprouve des difficultés à réussir sa transition énergétique vers l'énergie propre.

"Si ce projet se réalise, ces terres deviendront la plus grande fosse à charbon avec les plus importantes émissions d'oxyde de carbone (CO2) d'Europe", avertit dans un communiqué Meri Pukarinen, de Greenpeace Pologne, se réjouissant néanmoins de "la croissance du mouvement anti-charbon".

A l'initiative de collectifs d'habitants et de plusieurs associations écologistes, soutenus par les Verts et le Parti pirate, la chaîne s'est déployée sur près de huit kilomètres entre Kerkwitz, dans le sud du Brandebourg (est de l'Allemagne) et Grabice, à la frontière occidentale de la Pologne.

Une extension minière proche de 2000 hectares

Les manifestants entendaient protester contre l'agrandissement prévu d'exploitations de lignite à ciel ouvert des deux côtés de la frontière, critiquées pour la pollution et le déplacement d'habitants qu'elles occasionnent.

Début juin, l'Etat régional allemand du Brandebourg avait approuvé le projet du groupe énergétique suédois Vattenfall d'étendre sur 1900 hectares sa mine de Welzow-Sud, près de Kerkwitz.

Faute de nucléaire, le charbon s'impose

La décision était intervenue au terme de sept ans de consultations, qui se sont traduites dans la seule année 2013 par le dépôt de 190 000 prises de position et d'objections. Elle est une nouvelle preuve que l'Allemagne, lancée dans une transition énergétique qui doit la faire passer à l'énergie propre, a bien du mal à se passer pour le moment du charbon.

15 villages disparus

L'exploitation de la mine de Welzow-Sud, en activité depuis le début des années 70, a déjà conduit au déplacement ou à la disparition de plus de 15 villages des environs. La nouvelle tranche, qui doit entrer en activité en 2026, se soldera par le déplacement de 800 personnes supplémentaires.

Côté polonais, qui exploite avec son site de Belchatow la centrale à charbon la plus polluante d'Europe, le projet d'extension est conduit par le groupe PGE.


AFP

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