Ali Arrass, belgo-marocain, détenu depuis sept ans au Maroc

Ce premier avril 2015, Ali Aarrass entame sa huitième année de détention.
Ce premier avril 2015, Ali Aarrass entame sa huitième année de détention. - © Tous droits réservés

Ce premier avril est un jour douloureux pour la famille d’Ali Aarrass, un Belgo-Marocain de 53 ans. Il entame aujourd'hui sa huitième année de détention, d’abord en Espagne, ensuite au Maroc. L'homme est soupçonné de terrorisme. Les preuves de son innocence existent, pourtant la Belgique se montre timide à le défendre.

Ali Aarrass est détenu dans une prison marocaine depuis sept ans. Ce mercredi midi, au parlement régional, plusieurs dizaines de personnalités politiques et culturelles Bruxelloises débattront des moyens éventuels à mettre en œuvre pour sa libération et se mobilisent pour tenter d'obtenir sa libération.

Extradé puis torturé

Les autorités marocaines le soupçonnent d'activités terroristes alors que, pour ces mêmes soupçons, l'Espagne lui avait accordé un non-lieu. L’Espagne l’a néanmoins extradé.

L’ONU certifie qu’il subit des tortures dans les prisons marocaines. Son avocat, Maître Christophe Marchand, soupçonne la Belgique de ne rien faire ou quasi pour l'en sortir: " On ne sait pas pourquoi, on a l’impression que la Belgique n’a pas pris la mesure de la situation de Monsieur Aarrass. Il a été innocenté par les tribunaux espagnols. Deux instances des Nations Unies ont admis en 2014 que Monsieur Arras avait été torturé. Il est également prouvé qu’il est innocent. Il continue à subir des traitements inhumains et dégradants encore maintenant. Et malgré cela, le ministre des Affaires étrangères a envoyé trois lettres en sept mois. Ça suffit!"

La double nationalité: un handicap

Ali Aarrass jouit de la double nationalité, ce qui semble finalement être un handicap : "Ce ne devrait pas l’être, il est belge, il a fait son service militaire. Les hasards ont fait que finalement il est aussi marocain, il ne l’a pas choisi. La Belgique n’intervient pas parce qu'il est aussi marocain et qu'on ne peut pas intervenir pour lui là-bas. C’est faux, on a des tribunaux en Belgique qui obligent la Belgique à intervenir, à rendre des visites. Elle ne le fait pas. Elle envoie des lettres au gouvernement marocain en disant qu’ils étudient la question. Mais, c’est tout ce qu’ils font. "

Sa famille se trouve face à un mur d'incompréhension. Farida Aarrass, sa sœur, est désemparée mais ne se dit pas découragée pour autant: "On continue à insister et nous avons l’ONU de notre côté ainsi qu’Amnesty international qui s’est penché sur le dernier rapport de l’ONU. "

Ce premier avril 2015, Ali Aarrass entame sa huitième année de détention.

Roland Bruneel

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