Une nouvelle formation pour aider les médecins à débusquer la dépendance à l'alcool

La consommation excessive d'alcool est devenu un vrai problème dans nos sociétés. Or, selon l'OMS, à partir de 2 verres par jour pour une femme et 3 pour un homme, on est dans une consommation excessive. Si on ne parle pas encore de dépendance, il y a tout de même un risque accru de problème de santé. Cela dit, quand notre consommation pose problème, il est souvent compliqué de trouver de l'aide. Même nos médecins de familles se sentent désarmés.

Nous avons rencontré un consommateur excessif. Nous l’appellerons Yves. Il consommait tous les jours près de 18 verres d'alcool. Depuis 20 ans, cet ingénieur a en fait ce qu'on appelle une consommation problématique. Mais Il y a 2 ans, lorsqu'il reçoit son C4, il sombre dans une dépression. Il cherche en vain du travail. "C'est l’oisiveté et qui dit oisiveté, dit on va prendre un verre, on va voir les copains à midi, on reste collé... Et le processus s'engage", dit-il dans un témoignage à découvrir en intégralité dans la vidéo ci-dessus. Je ne me suis pas rendu compte tout de suite, mais il y avait des indices, mon épouse me signalait que ça n'allait pas, que j'étais un peu vaseux le soir, des choses comme ça."

À qui parler ?

Le mal est insidieux. Pendant un an, il n'ose en parler à personne. Et son médecin de famille ne l'aide pas beaucoup. Il lui a juste signalé quelques années auparavant lors d'une prise de sang qu'il était sur la mauvaise pente et lui avait remis une brochure. En fait, chez nous, c'est souvent le problème quand on se pose des questions sur sa consommation d'alcool, on ne sait pas à qui en parler.

Il existe certaines asbl comme le Pélican à Bruxelles où des psychologues aident gratuitement des personnes dépendantes. Mais voilà, les demandes concernant l'alcool se multiplient. Alors l'asbl a ouvert une discussion en ligne. Ces psy discutent désormais au travers d'un chat qui respecte l'anonymat. Selon Emilia Bogdanowikcz, l'une de ces psy, les personnes sur le site se plaignent de l'incompétence de nombreux médecins dans ce domaine.

Les médecins semblent démunis. L'alcool après le tabac est la deuxième cause de mortalité évitable. Pourtant, chez nous, moins d'un consommateur excessif sur 10 serait correctement pris en charge.

Les médecins ne sont pas outillés

Le docteur Thomas Orban s'est spécialisé en alcoologie, il confirme : "La majorité des patients ne sont pas des gens chez qui on peut faire le diagnostique directement, ce sont des gens qui travaillent et qui rentrent chez eux le soir et qui boivent 5, 6, 7 verres, une bouteille de vin tous les jours. Les médecins ne savent pas quoi faire avec leurs plaintes, ils ne sont pas outillés."

Cette année une nouvelle formation universitaire, proposée par 3 universités ULB, ULg et UCL devrait donc leur fournir ces fameux outils et un diplôme. Dans un sondage lancé par la société scientifique de médecine générale, 6 médecins de famille sur 10 la réclamait.

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