Akkermansia: la bactérie qui viendrait à bout de l'obésité et du diabète de type 2?

Les recherches se multiplient à travers le monde sur le microbiote intestinal. C'est notamment le cas à l'Université catholique de Louvain (UCL) où une équipe de chercheurs a découvert une bactérie qui s'y trouve et qui pourrait avoir un effet sur l'obésité et sur le diabète de type 2 : l'akkermansia muciniphila. Patrice Cani, l'un d'entre eux, était l'invité du JT ce samedi. 

Grâce au séquençage, l'ADN de notre intestin a pu être analysé et des centaines de milliards de bactéries ont été découvertes. Celles-ci ont la capacité de produire des métabolites, des substances qui leur permettent de dialoguer entre elles et d'interférer avec le reste de notre organisme. Les bactéries qui se trouvent dans notre intestin serviraient donc d'indicateur pour évaluer notre état de santé général.

Découverte fortuite

"On a découvert l'akkermansia tout à fait par hasard en travaillant sur des animaux de laboratoire", raconte Patrice Cani. Nourris par des fibres alimentaires, certains maigrissaient. Après analyse de la flore intestinale des souris, les chercheurs ont constaté que celles qui avaient davantage de bactéries akkermansia avaient tendance à maigrir alors que les animaux obèses ou diabétiques de type 2 présentaient très peu de la bactérie dans leur intestin. 

Dix ans de recherches ont suivi ce constat afin de parvenir à cultiver la bactérie pour ensuite l'administrer aux souris et prouver in fine le lien entre la présence de la bactérie dans l'intestin et les deux maladies. Cet hiver l'akkermansia a d'ailleurs été administrée à une cinquantaine de volontaires. Les résultats de cette expérience sont actuellement analysés dans les laboratoires de l'UCL. 

Pas de bactérie miracle

Plusieurs études dans le monde ont confirmé que le diabète de type 2 allait de pair avec une faible présence de l'akkermansia. Il reste à comprendre les effets et les mécanismes à l'oeuvre. "La bactérie a des effets sur le brûlage des graisses et le renforcement de la barrière intestinale", explique Patrice Cani "on veut donc mettre au point des compléments alimentaires qui seront combinés avec une prise en charge du patient".

Pas question de remplacer un traitement ni de pouvoir manger tout ce qu'on veut sans prendre un gramme. L'idée est plutôt de réenclencher des organes au repos et d'essayer de limiter les risques d'accidents cardiaux vasculaires en tentant d'avoir des effets sur certains facteurs, comme le taux de sucre dans le sang. 

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