Aidants proches: ils sont la béquille des personnes âgées

La population belge est de plus en plus vieillissante. Et qui dit vieillissement de la population dit augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes. Ces personnes fragilisées ne sont plus capables de vivre seules. Mais avec l'aide d'un proche, elles peuvent tout de même rester à la maison. Les aidants proches, ce sont donc ces hommes et ces femmes qui consacrent leur temps à soulager dans leur quotidien des personnes en perte d'autonomie. Il s'agit souvent du conjoint, mais parfois aussi d'un enfant, d'un ami ou d'un voisin.

Plus de la moitié des aidants proches cohabitants ont plus de 70 ans

La Fondation Roi Baudouin vient de consacrer une étude de grande ampleur aux aidants proches. En moyenne, ils consacrent plus de quatre heures par jour à l’aide et aux soins de personnes âgées. Néanmoins, certains atteignent les dix heures d'aide par jour, avec tous les risques de coupure que cela peut engendrer par rapport à la société.

Ceux qui y consacrent autant de temps sont, sans surprise, ceux qui cohabitent avec la personne fragilisée. C'est le cas de quatre aidants proches sur dix. Plus de la moitié de ces aidants cohabitants ont plus de 70 ans, puisqu'il s'agit bien souvent du conjoint.

Un rôle essentiel mais éprouvant

Jean-Claude a 82 ans et des problème d'équilibre. Il marche tant bien que mal à l'aide de sa tribune, mais certains gestes sont devenus trop difficiles pour lui. Alors, c’est sa femme, Julienne, qui l’aide à s’habiller, à se lever de son fauteuil, ou à couper sa viande. "Il renverse plus facilement, donc je suis derrière pour essuyer directement et vérifier qu'il ne glisse pas" détaille encore Julienne. Jean-Claude est déjà tombé une dizaine de fois. La présence de sa femme permet de minimiser les risques. Mais pour Jean-Claude, sentir qu'il est à ce point dépendant de son épouse est difficile à assumer: "Elle est toujours derrière moi. C'est pénible pour moi, mais on ne sait rien y faire. Ce qui me fait peur, c'est que ça s'aggrave avec le temps. Car Julienne vieillit aussi, et elle a très mal au bras" explique Jean-Claude. Julienne avoue en effet que son rôle n'est pas facile tous les jours: "C'est quand même assez astreignant, surtout que je vieillis aussi".

Aider ses aînés et travailler, compatible?

Un rôle éprouvant aussi pour ceux qui travaillent. 60% des aidants proches non-cohabitants ont une activité professionnelle. Mais seuls 8% d’entre eux ont réduit leur horaire de travail. Cette infirmière aide à la fois ses parents âgés et sa belle-mère atteinte de troubles anxieux : "Les gens ne se rendent pas compte de ce que c'est que d'accompagner des personnes qui ne savent pas se débrouiller toutes seules. Au travail, on me demande parfois pourquoi je dois encore prendre congé. Mais je n'ai pas le choix".

30% des aidants proches présenteraient carrément des risques de dépression. Pourtant leur rôle est essentiel pour éviter l’hospitalisation et la maison de repos. Selon la Fondation Roi Baudouin, un aidant proche permet d’économiser jusqu’à 1000 euros par mois à la sécurité sociale. Alors pour les chercheurs, il est temps de penser à aider les aidants, en permettant par exemple plus de flexibilité sur le plan professionnel. 

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