Agression sexuelle au Figaro: un journaliste haut placé accusé, la direction étouffe l'affaire?

Agression sexuelle au Figaro : un haut placé accusé, la direction étouffe l’affaire ?
Agression sexuelle au Figaro : un haut placé accusé, la direction étouffe l’affaire ? - © Tous droits réservés

Le mois dernier, le site de fact-checking du quotidien français Libération "CheckNews" publiait une enquête dans laquelle les journalistes révélaient que le quotidien Le Figaro n’était pas épargné par le sexisme.

Cette enquête s’inscrivait dans les suites de l’affaire de "La Ligue du LOL", où plusieurs journalistes et rédacteurs en chef de quotidiens et magazines avaient été accusés de sexisme, de misogynie et de harcèlement.

A l’époque, plusieurs cadres et journalistes du Figaro s’étaient amusés du fait que cette "Ligue du LOL" n’était présente que dans les médias "de gauche" (Les Inrockuptibles, Libération,…), le Figaro étant un journal plus "à droite".

Aucune enquête interne ouverte

Mais aujourd’hui, l’enquête menée par Checknews amène deux constats. Premièrement, la rédaction du Figaro n’est pas épargnée : on parlerait ici d’agressions sexuelles d’un journaliste "haut placé" sur une de ses collègues.

Ensuite, c’est la manière de gérer ce problème par la direction du quotidien qui pose question. Lorsque la journaliste décide, suite à la publication de l’enquête de Checknews, de sortir du silence et d’interpeller la personne "de confiance" de l’entreprise, la direction reste silencieuse. Un mois après, le journaliste en question n’aurait toujours pas été convoqué par la direction. Et aucune enquête interne n’aurait été ouverte.

S’est-il passé quelque chose depuis ? Si c’est le cas, je n’en ai pas eu connaissance

Dans un mail que la rédaction du site français a pu se procurer, la jeune femme interpelle la direction. « Il y a un mois, je vous racontais l’agression dont j’ai été victime. A peine une semaine plus tard, vous m’avez dit que la DRH et la direction étaient prévenues, et je vous en remercie. S’est-il passé quelque chose depuis ? Si c’est le cas, je n’en ai pas eu connaissance. Pourrions-nous nous revoir pour en parler ? »

Selon la journaliste, la direction du Figaro lui demande de lever son anonymat pour convoquer l’homme en question. La jeune femme confie sa colère à Checknews: « […] Là, j’ai clairement senti qu’il valait mieux que je lâche l’affaire. »

Contactée par la rédaction du site de fact-checking, la direction du journal a assuré n’être « au courant de rien ».

Au sein des journalistes du Figaro, les langues commencent à se délier, reste à voir si la direction agira avant de nouvelles accusations.

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