Agression de militaires à Bruxelles: "Cela ne veut pas dire que l'auteur adhérait à l'EI"

Agression de militaires à Bruxelles et EI: "Cela ne veut pas dire que l'auteur adhérait à l'EI"
Agression de militaires à Bruxelles et EI: "Cela ne veut pas dire que l'auteur adhérait à l'EI" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l'attaque au couteau contre des soldats à Bruxelles, dans un communiqué diffusé sur Telegram par son organe de propagande Amaq.

Quel crédit apporter à cette revendication ? L'EI est-il vraiment derrière cet acte ?

Non, pas forcément, selon Michaël Dantinne, professeur à l'Université de Liège. Avant de revendiquer des actes, les organisations terroristes, surtout l'EI, font de savants calculs pour savoir si cela sert leurs intérêts ou non.

Ce qu'on veut éviter dans le chef de l'EI, c'est de revendiquer quelque chose qui serait démenti.

"La revendication, c'est la signature. Derrière il y a toute une série de calculs d'opportunité. Un groupe comme Daech ne va pas revendiquer un acte qui desservirait ses intérêts. Il y a là un savant calcul, qui comprend de savoir si on a vraiment affaire à quelqu'un qui a souhaité inscrire son acte sous la bannière de l'EI. Ce qu'on veut éviter dans le chef de l'EI, c'est de revendiquer quelque chose qui serait démenti. Ils vont acquérir cette conviction qu'il faut revendiquer, par la nature de l'acte, parce qu'une allégeance aurait été prêtée, parce qu'il y aurait eu un testament", précise l'universitaire.

Pour lui, la revendication, par contre, est bien crédible. "Elle est crédible car l'EI a créé une agence de presse officielle, une agence de propagande. La revendication vient de là. Mais ça ne veut pas pour autant dire que l'individu avait une adhésion pleine et entière à la cause, ni qu'il ait été téléguidé. C'est une reprise à son compte par l'EI".

 

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