Agression dans une prison française: le détenu affirmait vouloir "venger" l'auteur de l'attentat de Strasbourg

Le détenu qui a grièvement blessé deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) a affirmé "vouloir venger" l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, a annoncé mardi soir le procureur de la République de Paris.

"Il est ressorti très vite des premiers témoignages que le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allah Akbar, qu'il disait vouloir venger Chérif Chekatt, l'individu mis en cause dans l'attentat commis à Strasbourg le 12 décembre 2018", a indiqué Rémy Heitz lors d'un point-presse sur place.

Le détenu et sa compagne ont été blessés lors de l'assaut des forces de l'ordre mardi vers 18h40. Cette dernière est décédée des suites de ses blessures. L'homme est quant à lui légèrement blessé. 

"Attaque terroriste" à l'arme blanche

C'est l'un des établissements pénitentiaires les plus sécurisés de France. La prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon. Ce mardi matin, peu avant 10h00, un détenu de 27 ans se rue sur deux de ses surveillants qu'il attaque à l'arme blanche. Le premier est touché à la mâchoire, au visage, un coup lui est également porté dans le dos. Le second, le plus grièvement blessé, est touché à l'abdomen : ses jours ne sont pas en danger. Après son méfait, l'individu se retranche avec sa compagne au sein de l'unité familiale de la prison de haute sécurité. Fait notable : c'est cette femme rencontrée en prison (avec qui le détenu projetait de se marier) qui lui aurait apporté le couteau. Un couteau en céramique. Les détecteurs n'ont pas permis repérer le passage de l'objet.

A l'heure qu'il est, équipes régionales d'intervention et unité d'élite de la police nationale ont, semble-t-il, décidé de passer à l'action. La ministre française de la Justice a très vite communiqué sur le caractère terroriste de l'agression. Au moment de l'attaque, l'individu a proclamé son allégeance aux terroristes de l'Etat islamique. Le parquet antiterroriste de Paris s'est immédiatement saisi du dossier.

Un détenu radicalisé

Depuis septembre, une aile de la prison avait été entièrement dédiée aux détenus spécifiquement radicalisés. Un quartier que Michaël Chiolo ne fréquentait pas. Une source policière fait état d'un individu "radicalisé en prison", sans qu'on ne sache précisément à ce stade si l'individu était fiché. Michaël Chiolo a été condamné en décembre 2015 pour avoir séquestré et tué un homme de 89 ans. Mais il purgeait également une peine pour avoir demandé à ses codétenus de "rejouer" l'attaque du Bataclan dans la cour de la maison d'arrêt. Pour ces faits, l'individu n'était libérable qu'en 2038.

Une prison pas si modèle

Le centre pénitentiaire de haute-sécurité de Condé-sur-Sarthe a beau être l'une des prisons les plus récentes et modernes de France, elle a déjà connu plusieurs incidents graves. D'un fonctionnement très automatisé, tendant à réduire les contacts entre détenus et gardiens, elle bénéfice pourtant de quatre unités de vie familiale pour permettre aux familles de se retrouver plus longtemps et dans un cadre plus chaleureux qu'au parloir. C'est dans l'une de ces unités que Michaël Chiolo s'est d'ailleurs retranché.

Depuis son ouverture en septembre 2013, plusieurs agressions, rébellions ou prises d'otage ont eu lieu. En janvier 2014, un surveillant y a été sérieusement blessé après avoir reçu plusieurs coups de poinçon par un détenu. Le même mois, le directeur adjoint de la prison avait été blessé par plusieurs coups de lame. En 2015, un syndicat avait même dénoncé une tentative d'homicide après l'agression de cinq surveillants par un détenu armé d'une équerre métallique.

Certes, l'établissement accueille des détenus réputés difficiles ou ayant commis des violences en milieu carcéral mais ceci n'explique peut-être pas tout. Ce mardi, la ministre française de la Justice a promis de tirer toutes les conséquences de cette attaque dans la prison d'Alençon. Une inspection sera rapidement menée au sein de l'établissement.

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