Agence spatiale européenne : 23.000 personnes ont postulé pour devenir astronaute, dont 1019 Belges

Après deux mois et demi de campagne de recrutement, les candidats se bousculent pour devenir astronautes. Le nombre de candidatures a largement dépassé tous les objectifs même les plus optimistes de l’Agence spatiale européenne (l’ESA). 23.000 personnes ont postulé. C’est quatre fois plus qu’à la dernière campagne de recrutement de l’ESA en 2008. Et ce qui ne gâche rien, la participation féminine est, cette fois en forte augmentation.

"L’aura des vols habités et la réputation des activités spatiales européennes dépassent et de loin les frontières de l’Europe", s’enthousiasme Guillaume Weerts, le directeur du team médical du centre d’entraînement des astronautes de l’ESA à Cologne, "nous avons reçu des candidatures du monde entier !"

1 candidat sur 4 est une femme

Une bonne nouvelle pour l’ESA, les femmes représentent cette fois 24% des candidatures. Un candidat astronaute sur quatre est une candidate. En 2008, elles n’étaient que 15,3%. C’est un joli succès pour les responsables des ressources humaines. C’est, selon eux, beaucoup plus que dans le type de carrières technologiques qu’offre l’Agence et même que dans les études scientifiques et technologiques en général.

1019 Belges parmi les candidats

Et la Belgique n’est pas en reste, notre petit pays est très bien représenté. 1019 personnes ont envoyé leur curriculum vitæ. 4000 en Allemagne et surtout un boom avec 7000 candidatures en France. Guillaume Weerts se réjouit : "L’augmentation du nombre de candidatures par rapport à 2008, c’est le signe d’une bonne santé du spatial dans l’esprit des gens. Il y a bien sûr l’effet 'Thomas Pesquet' en train de voler dans l’ISS, la station spatiale internationale mais pas seulement. Les technologies spatiales et de communication se sont développées, les initiatives plus médiatiques aussi. Le spatial s’est rapproché de la réalité de tout le monde."

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© AFP/Nasa

Prochaine étape, le screening

Les chiffres sont préliminaires. La campagne s’est clôturée, le 18 juin. "Nous avons déjà éliminé les doubles candidatures (exemple : une nationalité avec un passeport d’une autre)", précise notre spécialiste. "La prochaine étape, ce sera le screening des candidatures, c’est-à-dire la vérification des documents, l’évaluation du profil. Nos équipes en interne ont une certaine habitude à choisir les profils qui correspondent le mieux au futur métier qui n’est pas tout à fait comme les autres."

A partir de fin juillet, les candidats retenus passeront par petits groupes dans le centre d’entraînement des astronautes en Allemagne, des tests psychotechniques, d’aptitudes et de compétence. Cela devrait se poursuivre jusqu’à l’automne.

Pour les aptitudes physiques, point de tests à la centrifugeuse ou dans des machines à désorienter, comme cela se faisait dans le passé, et qui relève aujourd’hui du folklore, mais bien des examens médicaux pour vérifier la santé des candidats. Des examens qui ne sont pas pour tout de suite, ils clôtureront les sélections.

Les qualités recherchées pour faire un bon astronaute ?

Gullaume Weerts est catégorique : "En premier, c’est la santé. Nous n’avons pas besoin de surhommes ou femmes mais de gens en bonne santé. Ils devront avoir une compétence technique, une capacité à capter les informations rapidement, à les rassembler pour avoir une bonne perception du problème. Ils devront être capables d’apprendre vite et beaucoup. La première chose que la recrue fera, c’est de s’asseoir pendant plus d’un an dans une classe, pour remettre tout le monde à niveau."

Le métier reste hautement technologique. Quand on est dans un engin spatial, on vit dans la technologie et grâce à elle. Comment diagnostiquer un problème et comment le résoudre, c’est la priorité pour un astronaute. Mais il devra aussi pouvoir mener des expériences scientifiques demandées par des États membres de l’Agence.

La fin de la sélection est prévue fin de l’automne 2022 (dans un peu plus d’un an). Les premières recrues sont attendues au centre d’entraînement des astronautes à Cologne au printemps 2023.

 

Reportage dans notre journal télévisé du 12 avril dernier:

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